Notre tout nouveau Ministre des affaires réputées étrangères – si elle nous sont étrangères, pourquoi s'en mêler ? le mot étranger est-il le meilleur pour désigner 99% du genre humain ? – a, dans le monde daté des 20-21 mai, expliqué pourquoi (il a) accepté.
Son parti le radie, l'expulse, l'exclut.
Curieuse manière de prendre acte du fait qu'un des siens va pouvoir tenter de faire et faire faire à son niveau et dans son champ d'action institutionnel ce que ce parti voulait faire à tous les niveaux et dans la totalité du champ politique. Curieuse manière de traiter une question qui fait légitimement débat. Curieuse manière d'xplorer les frontières du réalisme politique.
Bernard Kouchner, constant dans sa
démarche, se permet d'exercer son propre devoir d'ingérence dans le fonctionnement d'un gouvernement qu'il n'est pas diffamatoire d'étiqueter comme de droite. Il n'a certes pu le faire sans que les princes qui dirigent le dit gouvernement ne se soient montrés consentants. Mais pour le faire il faut, selon mon expérience, un courage citoyen d'une bonne trempe. En effet, il a tout à y perdre en matière de réputation personnelle, et là son parti d'origine a déjà bien commencé à faire ce qu'il faut faire pour y parvenir.
Les valeurs réputées de gauche n'appartiennent pas à la gauche. En a-t-elle immatriculé les noms à l'INPI ? Ses représentants actuels, et en particulier ceux qui arborent fièrement trompe et défenses, les ont-ils inventées, brevetées, déposées ? Elles appartiennent au peuple, et le peuple ne se résume pas à sa tendance de gauche, si nuancée soit-elle. Pas plus qu'à sa tendance de droite et à sa tendance du centre, pour user du vocabulaire politique le plus unaniment acccepté, en dépit de sa sémantique défaillante et à perspectives hypothalamiques, comme le diagnostiqua le regretté
Comte Alfred Habdank Scarbeck Korzybski. Que le parti socialiste, à qui le socialisme n'appartient d'ailleurs pas, sévisse contre les amateurs de plats de lentilles et autres petits magouilleurs à la veste flottante, c'est son droit ; même si ces foudres jupitériennes ne font que renforcer l'aura temporaire de quelques obscurs, auteurs de livres médiocres et de propos opportunistes, et sont donc médiatiquement contre-productives.
Mais qu'il assimile à ces trahisons banales, égoïstes et ordinaires le geste peu ordinaire, plein de
bravitude, d'un des meilleurs des siens, qu'il a de plus très peu reconnu pour tel, à tel point que pour beucoup d'électeurs c'est paradoxalement cette punition dérisoire qui leur a révélé l'appartenance du présumé coupable au parti socialiste, là il y a peut-être une légère erreur de jugement.
Bien entendu, ce n'est pas le parti qui exclut. Pas besoin, pas envie de le décider, car il faudrait expliquer aux Français où est la félonie. L'homme libre s'exclut de lui-même, par application de l'algorithme logique du règlement intérieur. Hypocrisie bureaucratique. Le parti d'abord, la gauche peut-être ensuite, la France à la rigueur, et l'Internationale s'il reste quelque atome d'énergie.