Le site
branchez-vous.com nous relate (nous relata...l'information remonte à Pâques ou à la Trinité...), les difficultés professionnelles d'un journaliste qui bloguait sous un pseudo.
La graine de pseudonyme donne-t-elle en croissant un masque, un dédoublement, une distanciation ? Le monde artistique et littéraire est un de ses terreaux d'élection.
L'emploi de pseudonymes multiples n'est pas non plus inhabituel.
Les raisons invoquées par ceux de mes proches usant de cette facilité -reconnue, m'a dit un directeur d'agence bancaire, par les banques pour l'ouverture d'un compte - sont très souvent le désir de ne pas mélanger deux domaines d'activité différents, par exemple la recherche fondamentale et l'écriture poétique, et de cloisonner leur notoriété, leur réputation.
D'autres ont même évoqué leur sécurité. En particulier vis à vis de leur employeur.
Alexis Léger, par exemple...
Julien Gracq, dont l'aléthonyme est
Louis Poirier, géographe, aurait écrit :
J'ai choisi un pseudonyme, lorsque j'ai commencé à publier, parce que je voulais séparer nettement mon activité de professeur de mon activité d'écrivain. Ce pseudonyme n'avait dans mon esprit aucune signification. Je cherchais une sonorité qui me plaise, et je voulais, pour l'ensemble du nom et du prénom, un total de trois syllabes.
Il engendra Erik Orsenna, alias Erik Arnoult, qui emprunta son nom de plume à l'incipit du Rivage des Syrtes, avec ce commentaire : publier son premier roman sous son propre nom la même année que sa soutenance de thèse d’économie (1973) ne paraissait pas très sérieux...
Personnellement, je n'avais jamais usé de cette possibilité, la trouvant même un peu schizophrène, jusqu'au jour où j'ai choisi le site internet comme média pour mes écrits. Je ne voulais pas que ce site porte mon nom, qui d'ailleurs ne m'appartient pas en propre, si j'ose dire, de même que lorsque j'ai créé une petite entreprise de consultance elle avait été baptisée de manière à ne pas sembler être une de mes émanations.
Et puis donner un nom est une activité créatrice dont l'exercice est limité. La néologisation permet certes de s'entrainer dans le domaine du vocabulaire, mais la création de noms propres, que les agences spécialisées vendent à prix d'or (Midas, le roi Midas...) demeure un moment rare dans la vie d'un homme .
Le site a déteint sur le blogue, et j'ai pris l'habitude d'utiliser pour signer mes interventions et contributions, sur WikiPédia ou AgoraVox par exemple, le nom du site.
La question posée dans le papier cité en début d'article est celle de la légitimité éthique du poly-pseudo (ça fait un peu poulpe...).
Je ne vois pas bien en quoi il y aurait faute morale, sauf si la règle du jeu (d'un groupe, d'un organe de presse, etc. ) est d'interdire explicitement cette pratique.
Larvatus prodeo, relu par certains
larvatus pro deo, écrivait déjà dans ses
Praeambula un de nos éminents anciens, pourtant a priori...cartésien.
Crédits :
-merci à
Jean-Chales Condo pour son papier sur branchez-vous.com, et à
Alain Lafon pour avoir signalé sur son blogue, en la commentant, cette information.
-merci à
Guy Aznar, qui au sein de Synapse m'a, dans les années 1970, initié aux règles du jeu de la créativité collective en général et de la recherche de noms en particulier ; mon idée de yaourt aux oiseaux (vous ôtez la capsule, un colibri s'en vole...) n'eût pas à l'époque le succès que j'en attendais.
-merci à l'auteur pseudo-anonyme (ça se complique) de l'affiche française du film
Le masque de Zorro, que je n'ai su identifier...si quelqu'un sait son nom et peut le dénom-cer, qu'il le dise.