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*Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste

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Géobloguie


D'où viennent (Où sont ?) les blogueurs qui explorent un tant soit peu adamantane.orgue, ou du moins s'y connectent ?  J'ai loué les services d'un géomouchard, qui depuis un mois les identifie, en fonction du suffixe de leur URL, ce qui peut donner une bonne approximation de la réalité, bien plus digne de confiance que les sondages quotidiens qui balisent les engouements médiatiques.

Voilà ce qu'il me révèle :

-A- La France représente 77 % environ des connexions.

Les autres se répartissent en deux lots :

-B- 10 pays régulièrement (quotidiennement)  identifiés, contribuant pour 21 %, rangés par fréquence décroissante :

Belgique  4
États-Unis d'Amérique  3
Canada 3
Angleterre   2
Italie   2
Suisse   2
Tunisie   2
Espagne   1
Luxembourg  1
Maroc   1

-C-  34 autres origines, se partageant les 2 % restant, et ici classées dans l'ordre alphabétique : 

Andorre  Argentine  Australie  Bénin  Brésil  Bulgarie  Chine  Costa-Rica  Émirats-Arabes-Unis  Estonie  Finlande  Gabon Hollande  Hong-Kong  Île-Maurice  Iran  Irlande Israël  Japon  Liban  Mauritanie  Mexique   Moldavie  Niger Nouvelle-Calédonie  Pologne  Polynésie-Française  Roumanie  Sénégal  Singapour  Slovaquie  Suède  Togo  Turquie
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A
La chambre à bulles  vient de piéger un contact depuis l'Arabie Saoudite, et au autre depuis Haïti...
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L
La confusion entre journalisme et ragot de trottoir, voire expression affective non calibrée  de la réaction face à un spectacle est en effet un risque dont le Web  2.0 augmente les probabilités d''apparition, et amplifie les inconvénients.D'où l'intérêt, pour la vérité des informations bloguées, des commentaires qui s'y peuvent  juxtaposer afin d' atténuer ou relativiser, voire contredire, l'information brute contenue dans le papier initial.A noter que les journalistes professionnels non seulement sont parfois convaincus de bidonnage, mais ont eux aussi souvent tendance à produire et promouvoir un alliage amalgamant au vil et terne  plomb des faits vérifiés l'or étincelant de leurs points de vue et préjugés personnels, voire le platine inoxydable des idées reçues...si tant est qu'une telle monstruosité métallurgique ait chance de naître en quelque creuset.Enfin, rien n'interdit à quelqu'un de communiquer le jugement qu'il porte sur une situation probable, un fait relaté, une perspective imaginable, c'est à dire de sortir du domaine du factuel.Le point de vue d'un soldat sur la guerre qu'il vit au quotidien (A l'Ouest, rien de nouveau...) peut être avec utilité rapproché des déclarations officielles de l'officier d'état-major qu sert cette arme particulière qu'est la communication, ou du témoignage d'un Hemingway expérimenté capable d'analyse et de synthèse.
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B
Je me permets d'ajouter ce commentaire :  <br /> Le Web 2.0 cacophonique, mal intégré, peut amener une intolérable confusion entre l'information, la communication et l'opinion. Un formidable bond en arrière. Les foules ne sont pas toujours sages, elles appellent parfois au lynchage et peuvent être plus conformistes qu'il n'y paraît ! La profusion de faits ou d'opinions approximatives crée parfois la confusion... et une menace pour la démocratie que nous ne pouvons accepter. Certaines chaînes de télévision américaines ont, par exemple, jugé inutile d'envoyer des journalistes en Irak pendant la seconde guerre du Golfe. Elles ont préféré relayer les informations des blogs tenus par des soldats américains et diffuser leurs images. C'est ce que mon confrère David Remnick du New Yorker considère à juste titre comme de la propagande...<br /> L'information, elle, ne souffre pas l'à-peu-près. Le journalisme est un métier : il ne consiste pas à ramasser les contenus que d'autres ont bien voulu produire. A quoi servent des journaux qui n'apportent pas de valeur, n'en disent ni plus ni mieux que ce qu'on peut trouver ailleurs avec un bon moteur de recherche ? Nos rédactions doivent naturellement se remettre en question, d'autant plus que le public, en allumant son ordinateur ou son mobile, dispose de la même matière brute que les journalistes. Plus que jamais, c'est le traitement et l'honnêteté de l'information qui font la différence. C'est à sa source qu'il faut aller chercher l'actualité, pas dans la copie de l'existant ni dans la répétition...<br /> De telles ambitions ont un coût. C'est un investissement, et nous avons décidé de le faire. Parce que c'est notre vocation. Il est urgent de mettre un terme à ce mythe de la gratuité. Editer une information vérifiée, contextualisée, distanciée, coûte de l'argent mais rapporte davantage encore à la société tout entière. C'est aussi la conviction de Larry Sanger, l'un des cofondateurs de Wikipedia, cette encyclopédie en ligne alimentée par ses lecteurs. Il reconnaît les limites de cet outil et s'apprête à lancer Citizendium, un projet similaire à une différence près : la validation des contributions par des experts, ce qui demande, bien sûr, plus de moyens.<br /> Nous pourrons bientôt compter sur de nouvelles recettes qui rentabiliseront nos investissements puisque les espaces publicitaires "de masse" commencent à être complétés par de nouveaux messages très ciblés, adaptés aux besoins de l'internaute qui s'informe en ligne. Dans cette perspective, nous veillerons à ne dépendre de personne, ne serait-ce que technologiquement. Nous serons vigilants sur la provenance de nos ressources.<br /> Certains acteurs puissants et transnationaux sont déjà à l'oeuvre. Ils proposent à des journaux ou à des radios, pour l'instant aux Etats-Unis, de faire venir à eux ces nouveaux annonceurs. Pourquoi pas ? A condition que les chances soient égales et les profits bien répartis. Pour faciliter cette mutation souvent douloureuse, c'est toute l'Europe qui devrait définir une politique d'aide à la presse. Aux médias de s'assurer des moyens de leur indépendance.<br /> A notre place, c'est en apprenant chaque jour des expériences alentour que nous essayons de réussir. Expérimentons, innovons, soyons vigilants, et les "vieux médias" auront de beaux jours devant eux... Inventons le journalisme 3.0 ! <br /> [Jean-Pierre Elkabbach est président d'Europe 1]
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