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*Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste

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Ordre juste



Je suis allé sur le Wiki du groupe Des Mots Des couleurs, et ai lu avec intérêt, mais aussi avec quelque étonnement,  des textes tournant autour du thème :
Comment la jeunesse peut-elle continuer à se faire entendre dans une société où elle devient minoritaire ?

Ce thème m'interpelle, car :
-il y a 35 ans je me posais des questions de même nature, face au poids écrasant des personnes installées dans les institutions (familles, églises, associations, syndicats, entreprises,...) ;
-mes enfants, mes neveux et mes nièces s'interrogent à ce sujet ;
-je juge la préoccupation légitime et serais même inquiet si elle n'était pas manifestée.

Par exemple  – ma citation est  partielle, mais l'intégralité du texte est disponible sur la page du site dont je donne l'adresse –  :

Entre 1975 et 2005, les majeurs de moins de 30 ans sont passés de 20 % de la population totale de la France à 15 %, soit une diminution d'un quart. Dans la même période, les plus de 60 ont cru de 18 à 21 % de cette même population (source INSEE). ...... Ce sont également les mécanismes et institutions qui vieillissent. Une évolution qui se fait au détriment des jeunes, devenus minoritaires dans les prises de décisions politiques du fait de leur poids électoral réduit.

Les conséquences sont considérables dans tous les domaines et interrogent sur la place future des jeunes dans la société. Dès les premiers gestes de l'autonomie, les 18 - 35 ans sont bridés par le poids des ainés...... Enfin, même une fois installés et pourvus d'un emploi stable, les jeunes se voient dans l'incapacité d'épargner pour leur avenir à cause du financement écrasant des retraites de leurs ainés.

Cet état de fait, que nous ne pouvons que constater, n'est pas qu'une crise. Le "papy boom", que l'on annonce déjà retentissant, fera passer la charge des retraites de 2 à 3, voire 4, retraités à financer par actif ! ......Quelles modifications institutionnelles peuvent permettre de les amener et de les maintenir au coeur des débats politiques et associatifs ? A nous de réfléchir, à cette table, aux initiatives, immédiates ou de long terme, qui permettront de répondre à ce défi démographique.


Je pense à lecture qu'il serait bon pour les auteurs de cet manifeste, pour faire progresser leur réflexion, de  prendre contact avec ces papys dont les retraites diminueraient le pouvoir d'achat des jeunes, et qui seraient les soutiens d'une conception du monde écartant des emplois et des logements celles et ceux dont les pratiques de vie rompraient trop avec les anciennes moeurs.

Tel qu'il est, le texte cité plus haut, au fond un appel à l'aide et un cri d'angoisse des plus jeunes, demande à laquelle je suis sensible, est à mon avis maladroit dans la forme.
Je lui fais le crédit d'intention qu'il ne demande pas que les vieux se sentent coupables et, faute de pouvoir être pardonnés, consentent à s'éclipser. Toutefois, il risque d'être interprété comme un appel à la relégation des anciens, qui cumuleraient les rôles de parasites sociaux et de freins institutionnels , et donc d'être de ce fait considéré comme une dérogation à l'ordre juste.
L'ordre juste en effet  a pour référentiel la fraternité. Pas plus que la fraternité des vieux n'a de sens si elle vise à la mise sous tutelle des jeunes, pas plus celle des jeunes n'a de sens si elle se nourrit  de cette forme de contestation, sur des bases contestables, de la présence des vieux. D'ailleurs, la fraternité, pour être, est nécessairement globale, et ne connaît ni âge ni statut social ni aucun autre facteur discriminant.

Les papys en question ont travaillé non pas 35 mais au moins 40 heures  par semaine, souvent plus – je ne parle pas de la durée effective ou ressentie, mais de la durée contractuelle, qui il y a quarante ans était pointée, notée, fichée, avec à la clef une heure d'abattement pour cinq minutes de retard... – , avec trois semaines de congé en moyenne, et sans aucune des facilités que donnent les outils modernes, qu'ils ont d'ailleurs imaginés et mis au point.
Et ce dans le contexte de la guerre froide, s'attendant à voir un jour les horizons s'embraser des soleils atomiques, lisant avec inquiétude ce qu'on voulait bien leur dire du mortel bras de fer engagé entre les deux blocs, s'interrogeant sur les chances de survie de la planète.
Le réchauffement climatique, c'est la mort progressive et pas encore irréversible. La vitrification des villes et des campagnes, c'était la mort totale et sans préavis.

Ils ont beaucoup cotisé aux caisses de retraite, contribuant ainsi  à l'amélioraton des conditions de vie de leurs propres parents. Leurs retraites actuelles ont été amputées d'environ 30 % par rapport aux promesses qui leur avaient été faites, au point qu'il serait dans un autre contexte légitime de parler de détournement de fonds. Le montant de leur pension est le fruit d'une épargne forcée, à laquelle ils ont trouvé des justifications idéalistes relevant du domaine de la solidarité.

Certains de ces papys ont de plus  payé à ceux de leurs enfants qui ont bien voulu les faire, et en  estimant cette démarche toute naturelle et n'appelant aucune reconnaissance spéciale,  des études dont le prix n'a cessé d'augmenter.
Beaucoup continuent, passé 65 ans, à consacrer du temps et de l'énergie à l'amélioration de la société en général et du cadre de vie en particulier, à titre bénévole et sans même que leur activité soit reconnue, et consolidée dans la composition du PIB.

Je ne pense pas qu'il faille pour les jeunes d'aujourd'hui, qui sont les vieux de demain, considérer les papys comme un obstacle, et stigmatiser leur responsabilité dans leur malaise.

Plutôt s'en faire des alliés.
Plutôt se souvenir, ou apprendre maintenant si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire à l'époque,  que leurs parents ont connu un autre malaise , qui était celui de n'exister que comme ex-adolescents soumis et enfermés dans un rôle de main d'oeuvre productive, à la quelle on ne demandait pas son avis et avait peu de moyens pour le donner.
Plutôt se souvenir, ou apprendre si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire,  que si leurs parents ont commis collectivement une grave erreur éducative en se laissant tenter par les théories de la non-intervention pédagogique, ils ont eu à faire face à un ensemble de mutations rapides et souvent imprévues, même si plutôt bonnes en potentialité,  auxquelles leur propre éducation ne les avait pas du tout préparés, et dû se donner à chaud de nouvelles lignes de conduite au sein de ces nouveaux paradigmes.

Comment faire pour utiliser l'expérience accumulée par les papys (et les mamies aussi, bien entendu) ? Il est probable que s'ils sont mis en position d'être complices d'un système social qui en effet ne tourne pas bien, ils risquent de dire qu'ils ont assez donné et de partir s'installer à la campagne !
En revanche, l'idée que la société est en mauvaise santé et que, comme elle est réduite à l'automédication, il faut qu'elle mobilise tous ses membres, jeunes et vieux réunis, pour imaginer des solutions pertinentes et durables serait peut être capable de donner des résultats.

Ce n'est qu'une remarque personnelle.
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A
En fait, je voudrais éviter que les médias frappent trop fort sur la grosse caisse de la fracture entre jeunes et vieux. Nous avons certes tous des problèmes à régler avec nos parents, et moi encore même à mon âge. Mais je trouve ces exposés de conflits de génération artificiels et destructifs. Nous vivons ensemble sur la même planète. Dans ma fratrie (mon grand père paternel a eu vingt-trois petits enfants) , le plus ancien est né en 1914 et le plus jeune en 1952. Moi-même en 1939. A peu près au milieu. Qu'est-ce qu'une génération ?
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E
Salut Jean-Pierre,   J'ai (enfin) lu ton texte.Je suis d'accord avec toi sur le fond.  Il ne faut pas que Vieux et Jeunes s'opposent. On a tout a gagné à travailler ensemble, échanger des idées, partager l'expérience des pappys afin de progresser et de tenter de sauver notre modèle social. La fraternité doit être, au sein de notre société, globale et s'affranchir de tous les clivages sociaux, économiques, politiques... Si on devait dépoussiérer la devise nationale, on emploirait peut-ête de nos jours "solidarité" voire "solidarités". Donc Vieux et Jeunes ne doivent pas se stigmatiser.....mais, ceci est valable de façon réciproque. Les Jeunes doivent remplir leur devoir de solidarité (et de reconnaissance) envers les vieux en côtisant pour les retraites, la protection sociale...tout ceci est complètement nécessaire. De plus, les jeunes doivent avoir à l'esprit qu'ils vieilliront à leur tour. Cependant, certaines de leurs critiques (que tu mentionnes)  méritent réflexion. Il est vrai que les institutions vieillissent et que beaucoup de postes (dans le privé comme dans le public, dans le personnel politique) sont trustés par des senors-voire plus- (en espérant que le futur chef de l'état n'aura pas 75 ans). Il est également vrai que l'allongement de la durée de la vie et des dépenses de santé pèsent, via les côtisations sociales, sur le pouvoir d'achat et les capacités d'épargne. Il y a certainement des améliorations à apporter au système pour qu'il perdure. Bref, les jeunes ont le droit, tout en remplissant leur devoir de fraternité, d'emettre des critiques. Il faut que jeunes et vieux en débattent. Cependant, il me semble que ton argumentaire ne va pas dans le sens d'un rapprochement des générations. Je vais caricaturer (beaucoup) en disant:" bah les jeunes, ne vous plaignez pas, on voit bien que vous avez pas fait la guerre, vous !!". Ma réponse est alors claire: "oui, et ce n'est pas faute et tout le monde devrait se réjouir que je n'ai pas eu à la faire".Le progrès social et les différents acquis ont pour but d'améliorer la situation actuelle mais aussi d'améliorer le futur des générations à venir. Je suis reconnaissant envers les personnes qui se sont battues pour que je ne travaille que 35h (et encore sur cet exemple précis, cet acquis est un pétard mouillé qui claquera très biêntôt), avec des outils performants et rapides, avec 5 semaines de congés. Mes parents sont fiers d'avoir pu payer les études de ma soeur et les miennes alors que mes grand-parents n'en avaient pas fait autant. Qu'est-ce que les jeunes devraient faire ? Travailler à la règle à calculer dans des batiments remplis d'amiantes pour travailler dans les conditions que les senors ont connues ? J'exagère bien évidemment, tu me connais.... Je profite des progrès et des évolutions dont les pappys ont été moteurs et j'espère que je ferai progresser la société pour mes enfants. Je leur en suis très reconnaissant. Cependant, ce n'est pas ma faute si les conditions ont changé en 40 et que j'en profite. C'est ainsi, ce n'est pas de mon fait. C'est stigmatiser les jeunes que de produire les arguments qui sont dans ton texte et cela risque de les monter encore plus contre les pappys. Ton argumentaire est risqué....Il y a effet désormais un 3è âge et un 4è âge. Que penserais-tu si un octogénaire te disait " tu as une vie tranquille, moi j'ai connu la WW2, l'occupation, les premières luttes sociales, la vie sans chauffage, eau courante, électricité....." ?  Pour conclure, je suis d'accord avec toi sur le fond et l'objectif: réduire les clivages et profiter des points de vue de chacun, vieux comme jeunes. En revanche, ton argumentaire risque d'élargir la fracture. Voilà mon avis. Amicalement Eric
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T
Les sociétés "jeunes" ne sont pas forcément les moins conservatrices. Je fais un présupposé, mais je suppose que la moyenne d'âge de la population iranienne n'est pas trèsz élévée.
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B
Excellente analyse !<br /> Pertinente ...et que les jeunes ignorent ! Quand j'ai commencé à travailler en 63, je n'avais même pas droit au chômage...<br /> Mais n'est-ce pas de notre faute ?<br /> Ne les a-t-on pas trop gavés depuis leur biberon ?<br /> Trop de confort dès le départ.<br /> Né en 1943, j'attendais le père Noël avec empatience pour avoir quel cadeau? Hein ? Une ORANGE et c'était merveilleux !<br /> Quant à l'ordre " juste ", la dame blanche du Poitou me tape sur le système. C'est la digne représentante de l'époque mitterandienne : la " bobo " friquée !<br /> Amicalement
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