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  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
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Archives

1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 18:19

 

Les glossaires et les polyglottes,don_des_langues
Les corsaires et les matelotes
En quadrilles langoureux s'agacent

Les linguistes et les multilingues
Les artistes et les camerlingues
En gavottes languides s'enlacent

Les gloseux fous et les langagiers
Les taiseux doux et les imagiers
En menuets languissants se placent

Les languards et les beaux glossographes
Les bavards et les gris soulographes
En des slows alanguis se prélassent.

 

                      * * *

 
 

La glossolalie serait le don des langues poussé à son extrême, comprendre et parler sans avoir appris. A défaut de don des langues, je me suis limité à un don - partiel il est vrai - de la langue.

Les lemmes de la famille sont dérivés de plusieurs radicaux  : le grec
γλωσσα , le latin lingua et le français langue. Ainsi me sont revenus glossaire, polyglotte, gloseux - celui qui glose - et glossographe, puis linguiste et multilingue, et enfin linguard - celui qui prend langue avec ardeur - et langagier.

Les intrus sont langoureux, languides, languissants et alanguis, dont la parenté n'est que paronymique, mais dont le voisinage verbal méritait d'être sublimé. De plus, issus du latin langor, maladie, faiblesse, ils sont à leur place légitime dans ce bal de village.

Le mode de construction des strophes m'a permis de convoquer à cette sauterie une population hétéroclite et- bigarrée. Je prie les camerlingues de me pardonner de leur avoir suggéré la fréquentation des soulographes, et vice-versa bien entendu !

 

Crédits :


Merci à Giotto di Bondone alias Ambrogiotto di Bondone pour cette oeuvre à propos du don des langues datant de la première Pentecôte...et peinte - huile sur bois, panneau d'autel -  vers 1310.


Merci aux opérateurs du Service d'ORL et de chirurgie de la Face et du Cou de l'Hopital Européen Georges Pompidou, pour leur glossectomie partielle latérale et évidement ganglionnaire cervical bilatéral en date du 19 juin 2012.


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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 20:20

L’ÉLECTROCARDIOGRAPHE

ou le sculpteur d’ondes

P                                  Un cœur incandescent

                                     S'arrache à ma poitrine

                                                        Et sur ma peau dessine

                                                        Une étoile de sang

Q                                 Mille ressacs bruissants

                                                        Sous mon front tambourinent

                                     Leurs embruns dégoulinent

                                                        En cahots bondissants

R                                                    Un vertige angoissant

                                     M'étourdit les narines

                                     L'odeur que je devine

                                                        Est plus âcre qu'encens

S                                                     Un astre éblouissant

                                     Perfore ma rétine

                                                        Sa giration fascine

                                     Le jour phosphorescent

T                                                    Un cœur incandescent

                                                        S'enferme en ma poitrine

                                     Et sur ma peau dessine

                                     Une étoile de sang

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 15:25


La Tour que le Fou traque
Mate un fier Cavalier ;
Le Roi dame un Pion lié
À la Reine foutraque.



Ce quatrain composé à la manière de Stéphane Mallarmé a il me faut le reconnaître un lien avec une très récente aventure fabularde.
Le quatrain pastiché (*) a des références plus potagères, et les deux figures qui jouent sur le damier des plate-bandes ont de plus culinaires applications.
Je l'ai déjà détourné dans d'autres circonstances, et je n'en suis guère plus fier.

Crédits :

-pour la structure textuelle, merci à Stéphane Mallarmé, qui utilisa dans sa pédagogie lycéenne les nursery rhymes (**) qui répondaient à son penchant pour les vers de circonstance et à l'obligation de faire face aux critiques philistines de son inspecteur d'académie des années 1880.

-pour cet échiquier fabuleux, à Sandro Del-Prete, qui peint comme Cornelius Escher et Salvador Dali réunis, et à son Das gekrümmte Schachbrett , – l'échiquier courbe, ou mieux la courbure de l'espace des échecs – découvert sur le blogue de Didier Müller.

Notes
(*) Chansons bas IV, le marchand d'ail et d'oignons, in Poésies, chez Gallimard, 123° édition, 1951, page 102.
(**) Recueil de Nursery Rhymes, texte établi par Carl-Paul Barbier, chez Gallimard, 1964. Lire au moins l'introduction...
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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 09:17
sablier2.jpg
Constellation du sablier

Quelles roses de sable implosent gypse roux
Aspiré par le flux vertical du vertige ?
Quels oiseaux empêtrés quels pétrels pétrifiés
Plongent flèches de plomb au vortex du nadir?

Le sablier va baliser de blancs baisers
L'ornière au chemin creux et décider du jour
0ù il faudra ouvrir le cachot des caresses
Et se laisser aller à se vêtir d'azur.

Le Sablier résume en ses flux et reflux
L'influence effusive évasive et fugace
Que ton coeur féminin infuse en mes frissons,
L'arythmie essoufflée d'allusives marées.

Le Sablier patient gardien d'espaces ronds
Apprend le chant silex que le sable des mots
S'épuise à réécrire avec les mêmes sons
Chaque fois que tes doigts retournent mon poème.

Sablier de ma tête à ta tête attachée
Par l'anneau exigu de nos bouches unies,
Ma mémoire se vide au vivier de tes rêves ;
Inversement la tienne aux sources de mes songes !

Sable nu de mon spasme en ton sexe insinué,
La semence du Temps féconde ton attente,
Et te voilà portant en ton ventre de verre,
Matrice de cristal et transparent ciboire,

Le fils conçu l'espace insécable d'un cri.
Héritier de ta force au remous des caresses,
De ma faiblesse ailée qui se glissait douceur,
Ce foetus éphémère aura forme d'enfant...

D'un enfant horloger de précise naissance,
Au temps juste ajustant le jusant de nos sangs,
Inventeur de l'usure et de l'heure arrêtée,
Prince secret porteur d'un prénom oublié.

D'un enfant-sablier gardien d'orbes exacts,
Habile à séparer les minutes montantes
0ù la lune écartèle une esquisse d'étreinte,
Des instants déclinants que sa cendre enveloppe.

Quelle poudre de grès en roses se compose
Éclaboussures d'or qu'un strict orage érige ?
Quelle pluie d'astres secs aux cassantes coquilles
Devient nuée de moineaux à l'apex du zénith?


Crédits :
Merci au blogue le sablier pour avoir choisi ce nom
Merci à La Redoute pour l'image
Merci à l'Atelier d'écriture poétique de Deuil-La-Barre pour l'occasion d'écrire...

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 12:11

a-venise.jpeg

 

Gondole


Gondole sereine
Au lent fil de l’eau
Que ton reflet troue
Libérant l’épure
D’un palais brouillé
 
Fin croissant d’ébène
Fauchant les canaux
La clef de ta proue
Ouvre les serrures
De secrets mouillés
Larmes d’obsidienne
Chues de Murano
Pour les yeux des loups
Masquant les figures
Des amants choyés
Tu tangues à peine
Aux houles des flots
Dont les noirs remous
Caressent les murs
De leurs doigts rouillés
Par la lune pleine
Les feux des fanaux
La valse que joue
La rame éraflure
Du vent gondolier
Ta coque incertaine
Aux nœuds des chenaux
Dans son double flou
Sous les ponts obscurs
Sombre éparpillée.
Sachant que leur peine
Usée par les mots
Chuchotés des fous
Avec la nuit mûre
Finira noyée.

 

Crédits : Merci à Henri Landier, pour ce Ponte della Pieta, qui figure dans l'exposition qu'il présente actuellement à l'Atelier d'Art Lepic.

 

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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 19:10



-Raymond Devos s'est éteint....
-C'était un quoi ?
-Laissez-moi finir. Je disais : Raymond Devos s'est "éteint" !
-Ah, oui.... Et on le rallume quand ?
-Quoi, vous sauriez ranimer un feu ?
-Tant qu'il reste un peu de fumée, oui.
-Je ne vois pas le rapport ; j'ignore s'il sera incinéré.
-Ainsi quoi ? Vous n'auriez pas oublié le dicton : pas de fumée sans feu ?
-Vous ne pensez pas que vous fumez un peu fort ? Vous êtes à la limite du mauvais goût, voire du mauvais esprit.
-Fort, fort...Ne vous enflammez pas ! fors l'esprit, pas de vie éternelle.
-Je ne vous savais pas dévot.
-Dévot à Devos, pourquoi, ça vaut  pas ?
-Vous dévoyez les mots !

-Dévoyer, dévoyer..Il les dévosoyait bien. Il les défossoyait, même, il leur rendait la vie ! 

- Vous voyez...dévoyer, dévosoyer, défossoyer...c'est un manque de respect pour la langue...
-...de veau ? Loin de moi cette idée. J'ai du respect pour les mots et les morts.
-N'importe quoi. Pourquoi pas pour les mats et les mares, les mets et les mères, les mies et les mires, les mues et les murs...Vous vous payez de mots. Pensez-vous être payé de retour ?
-Le retour des morts ? L'allée des morts, c'est sous les cyprès, pour ceux qui sont si loin. Enfin, si j'ose dire... mais  ça peut arriver, sans retard retors, gratuitement... sans crier gare.
-Une halte dans le train-train des corbillards, quoi ?
-Ne riez pas du corps sur le billard : si le revenant se met de travers , il bloque votre sommeil. Vous perdez la boule...Vous ne dormez plus...
-Voilà pourquoi il faut profiter de son dernier sommeil. La veille éternelle, ça fatigue ; surtout le lendemain de la veille.
-Tiens, c'est pour ça qu'on veille les morts ? Pour ne pas qu'ils s'éveillent ?
-Non. C'est pour qu'ils reposent en paix. Les plus aguerris seuls savent y faire.
-Pourquoi, ils pourraient être dérangés ?
-Pire, ils pourraient s'arranger pour nous faire taire.
-Et alors ? Raymond vous trouverait mortel, avec vos à peu-près.
-Il n'est plus là pour m'entendre.
-Et si les morts avaient des oreilles ?
-Elles pourraient leur siffler...Et ça ferait un bruit...
-A réveiller les morts ?

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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 19:18


Il était une fois une femme, et elle aimait les mots.

Trahie par certains de ses proches, qui avaient abusé de sa confiance intime, elle avait souffert dans sa chair secrète, dans son âme émue, dans ses esprits bouleversés .
Elle avait été battue par les vents de la mer, les ressacs incestueux des tempêtes, roulée sur les rivages douloureux de l'enfance au point de s'incarner dans un galet lisse comme une caresse tranchante, poli autant qu'albâtre peut l'être , clos comme un oeuf  hermétique issu de l'athanor foudroyant  d'une tempête exaspérée.
Comme elle aimait les mots, elle eût pitié.
Elle les laissa couver ce galet.
Ils le réchauffèrent de leur patience, s'insinuèrent par les pores de la coquille armure pour en féconder les humeurs, en vivifier  les esprits en léthargie. Et les mots rendirent le galet apte à engendrer la parole ; et la pierre opaque et dense,  telle une reine prolifique et sereine, enfanta poème sur poème, chant sur chant, cri sur cri.
Un jour, un soir venu, alors que le soleil avait été plus chaud ou la pluie plus pénétrante, ou les grillons plus stridents qu'à l'accoutumée, elle décida qu'elle avait désormais assez dit, assez inventé, assez prononcé ces assemblages étranges que certains humains nomment discours, les chats initiés énigme verticale des yeux, et les étoiles matures musiques balbutiantes des planètes.

Mais, habitués à l'entendre vaticiner dans le respect rythmé des règles rhétoriques, se déclarant irremplaçablement séduits par la musique mentale et charnelle de ses mélopées, les spectateurs, du haut des gradins, les pieds dans la poussière de poème et la tête dans l'odeur capiteuse des aveux, réclamèrent dans un tumultueux  charivari la suite de la tragédie.
Telle la sangsue humide et froide glissant sur le ventre de la femme, s'insinuant entre ses seins  en chuchotant  encore, encore.

Elle ne voulait point reprendre ce travail qui, d'aiguilles traversantes aux chas d'acier moiré en coutures sanglantes nouéees de surjets méticuleux, la meutrissait sans parvenir à la vêtir du manteau de la paix, l'exsanguait, la vidait de sa substance essentielle.
Lassée des clameurs de la foule, du vacarme des voyeurs, des baisers goulus des vampires, elle qui avait répandu avec patience les semences nées du galet dans tant de champs de mots, où de rapaces faucheurs entrés par effraction avaient  confisqué les moissons, détourné les gerbes et même subtilisé les chaumes, elle imagina un subterfuge.

Elle dit :

J'ai entendu votre demande.
Vous ne pouvez savoir à quel point elle m'est à la fois délicieuse et insoutenable. C'est ma douleur, ma blessure ancienne, ma cicatrice intérieure que vous voulez que je rouvre pour satisfaire vos clameurs avides.  Lasse de me reconstruire inutilement dans ce travail qui me déchire, j'accepte d'être la victime complice de ce sacrifice.
Je n'y mets qu'une condition.
Si un seul d'entre vous, peu importe qui, vient ici devant moi prononcer sans erreur, sans souffle décalé, sans hésitation d'accent, et dans l'ordre qui lui plaira tous les textes dont je vous ai fait don, ou plutôt que je vous ai laissé m'arracher de la tête et du coeur, alors je m'engage à continuer de vous offrir sans m'en plaindre la chair de ma chair, l'âme de mon âme, l'esprit de mon esprit, le poème vivant qui me tue et vous fait survivre, jusqu'à ce que de mon être dépecé, décharné, désassemblé ne subsistent rien qu'une tache sur le papier du grand livre universel et une ombre dans la lueur des chandelles éternelles.

Depuis...
Depuis, elle siège, impassible, sur le trône silencieux de l'Impératrice. Nul n'a réussi l'épreuve. Et dans le secret de son coeur, cette fois, elle a pu renouer sa silencieuse idylle avec les mots, les merveilleux mots à la fois rétifs à ses ardeurs et soumis à sa passion. Les mots de son désir.

Crédits : merci à la mer, qui forme les galets sans compter...et aux minéraux, granits, silex ou basaltes, qui se laissent former sans trop gémir.
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22 octobre 2005 6 22 /10 /octobre /2005 15:27


















Sur l'océan des mots un bateau semble une île
Dont la dérive lente appelle un exilé ;
Le matelot qu'on hèle hésite entre les vagues
D'amour et de dédain avant de s'échouer
Dans le silence tiède où le sable le sèche ;

Sur l'océan des flots une île a l'air bateau
Avec sa coque lisse aux reflets de rocher,
Ses arbres comme mâts que voile ensevelit ;
Le naufragé qu'on voit nager vers les récifs
Se récite un poème où l'on parle de paix.

Crédits :
-merci à Daniel Souhait pour le texte déclencheur de cette évocation
-à Daniel de Föe pour la mise en roman, dès 1719, des aventures d'Alexandre Selkirk
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