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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
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  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:33

Lochaquerie-2.jpgLa requinerie est au requin ce que l'escroquerie est à l'escroc. Encore qu'entre les crocs du requin et l'escroc aiglefin,  il y ait parentée étroite et similitudes affligeantes.

 

Le poète Emmanuel Lochac m'ayant été proposé par le poète Jacques Arnold comme objet de lecture et sujet d'étude, il y a de cela vingt ans sinon plus; j'ai mis sur quelques sites un avis de recherche, désireux d'être averti de la disponiblilté d'ouvrages à propos de Lochac, voire de Lochac, qui auraient échappé à ma vigilante et encyclopédique attention.

C'est ainsi que j'appris récemment, par alerte interposée, la parution d'un ouvrage inconnu de ma bibliothèque.

 

Le libraire en ligne Amazon.com publiait en effet  l'annonce suivante :

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

EMMANUEL LOCHAC [Paperback]
FREDERIC P. VANDOME, AGNES F. MCBREWSTER, JOHN MILLER (Author) [1]
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Available from these sellers.
8 new from $42.52 1 used from $38.53
Product Details

    * Paperback: 70 pages
    * Publisher: ALPHASCRIPT PUBLISHING (2010)
    * Language: French
    * ISBN-10: 6132818081
    * ISBN-13: 978-6132818089
    * Shipping Weight: 4 ounces

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Que croyez-vous que contient cet ouvrage, et quels inédits ont collecté les auteurs déclarés de cette publication vendue $ 42 , soit 30 € ?

Eh bien cela mérite d'être su.

 

D'une part, sur les 66 pages de cet opuscule, il y a très exactement 2,5 pages, soit 4% de l'ensemble, effectivement consacrées à Emmanuel Lochac. En revanche, 31 pages, soit sensiblement la moitié du contenu, sont relatives à...la ville de Nice. Pourquoi : eh bien parce qu'Emmanuel Lochac est mort à Nice.De manière un peu fortuite d'ailleurs.

Mais ceci n'est rien.

La suite est encore plus stupéfiante.

En effet, les 2,5 pages au sujet d'Emmanuel Lochac sont mot pour mot celles que j'ai rédigées pour la partie anthologique de mon portail, et que j'ai publiées sur Wikipédia.

A noter que pour ne pas faire de jaloux, les autres pages du prétendu livre des prétendus auteurs Vandome, McBrewster, et Miller, y compris le morceau de résistance sur la ville de Nice, sont elles aussi recopiées de Wikipédia. Il y a aussi une reprise des notices consacrées à Han Ryner, Jean Royère, ainsi qu'au monostique (ou mieux monostiche ) -dans laquelle j'ai pas mal trempé...-

 

L'illustration de couverture, elle aussi, attire subtilement l'attention sur une promese non tenue. Ce gros livre, ainsi présenté, n'évoque-t-il pas les recherches laborieuses, les documents rares, les fonds de bibliothèque de province ? Mensonge supplémentaire.

 

Ah, l'origine du chapardage est mentionnée. Rien à redire en matière de citation des sources. Cela occupe plusieurs pages du pseudo-livre.

 

Qu'est-ce qui peut pousser trois personnes à recopier, sans aucune valeur ajoutée, sans vergogne, sans la moindre fierté, des textes qui sont d'accès public sur internet sous une licence de type type GNU freedocumentation ?

Eh bien l'appat du gain, peut-être ? Car vendre 30 € une plaquette d'une cinquantaine de pages est en apparence réaliser une bonne opération commerciale.Surtout si elle n'est produite qu'à mesure que des commandes arrivent : pas de stock, rien que des frais variables.

Ou encore le plaisir un peu vain d'être repéré comme auteur par des moteurs de recherche ? A ce jour, cette publication récente mérite, rien que sur gougeule, une cinquantaine de mentions...

 

Ce détournement a été repéré, comme je viens seulement de m'en apercevoir, par la Fondation Wikimedia dès juin 2009. Le pillage à des fins lucratives des articles de Wikipédia semble être l'activité principale de nos trois pieds nickelés. Ils auraient crassussé et mis en vente des milliers d'articles...

 

Je sais bien que l'actualité géopolitique et humaine propose ce jeudi 17 mars 2011 d'autres motifs d'indignation plus consistants que cette requinerie. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas dénoncer ces combines de rats, ces pignouferies littéraires, ces abus de confiance cyniques - je parle de cynisme car l'argument de vente de ces fascicules, imprimé blanc sur vert en page I de couverture, est High quality | Content by Wikipedia articles .

 

 

 

[1] Dans d'autres ouvrages de la même collection, les auteurs désignés sont.... Agnes F. Vandome et John McBrewster...Seraient-ils à ce point tous trois interchangeables

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 14:18

http://www.adamantane.net/illustrations/symboles_et_signes_et_logos/logo_wikipedia_2010/Il y a eu Les cinq cents millions de la Bégum. Un ouvrage un peu manichéen du camarade Jules Verne. Mais il s'agissait de francs-or, et il y en avait plutôt cinq cent vingt-cinq, si ma mémoire est bonne, et non d'articles.

Dans la galaxie Wikipédia, trois projets linguisitiques se distinguent en ce moment des autres par le nombre d'articles mis en ligne. Cet indicateur ne permet pas, bien sûr, de donner une image globale de la qualité  - au sens : le lecteur y trouve réponse  authentifiable à sa question - des versions. Mais tout de même propose-t-il une information sur l'activité des créateurs, développeurs  et entreteneurs d'articles.

 

Quel est le podium - en mettant de côté le fait que les projets n'ont pas tous pris le départ en même temps -  ? En valeurs arrondies, le site de WikiMedia annonce :

♦ Version or, l'anglaise : 3 425 000 articles

♦ Version argent, l'allemande : 1 125 000 articles

♦ Version bronze, la française : 1 005 000 articles

 

Il y aurait à peu près - les chiffres varient de manière assez importante selon les sources - en ce bas monde 375 millions d'humains dont la langue principale serait l'anglais, 135  le français et 105 l'allemand. Ce qui donnerait un taux de contribution - à supposer que tout naturellement le créateur d'un article use en priorité de sa langue maternelle ou principale, ce qui reste à démontrer, en particulier pour les parlers dits locaux et les langues artificielles -ou construites...ce qui veut dire à peu près la même chose : artefact -, - de :

♦ 10,7 pour les germanophones

♦ 9,1 pour les anglophones

♦ 7,4 pour les francophones

 

A noter au passage la performance étonnante de la version polonaise, quatrième au classement en volume, qui évaluée avec le même ratio atteint un score de 13,3...Mais reste tout de même  loin derrière le néerlandais (25), l'esperanto (64), le basque (95)  et le breton (110).

Pour ne rien dire de l'Interlingua, de l'Ido et du Volapück, qui atteignent des valeur non significatives ( plus de 1000).

Les langues dites minoritaires, et les langues dites artificielles sont portées par des contributiurs qui luttent pour la survie de leur parler.

Tel peut être un des enjeux d'une entreprise mondialiste telle que WikiPédia.

Qu'on se le dise...

 

 

Note : la catégorie Wikipédisme de ce blogue accueille ce billet, ainsi que quelques autres. Sur le portail principal, vous pourrez aussi consulter la section WikiPédiage du chapitre Écrivainerie.

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Published by Adamantane - dans Wikipédisme
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 09:41

Attention, suite à une erreur de manip et de mapart, cet article avait  été diffusé avant d'avoir été terminé...
Le voilà enfin,  mis en page...et sourcé.


Le signal du sourcier se propage sur WikiPédia.  Est-ce la raison pour laquelle Le signal du sourcier est déclaré épuisé par les  libraires consultés...?
Le livre d'Yves Rocard présente un intérêt indéniable pour un ingénieur ; il a d'ailleurs provoqué de saines controverses. Peut-être moins que celui de Léon Chaumery et André de Belizal, honorables vanettais, le Traité expérimental de Physique radiesthésique, publié en juin 1939 par les Editions Dangles.
Cet ouvrage m'a été légué, avec quelques autres sur le même sujet, par un de mes oncles, ingénieur non-conformiste qui ne supportait les X que dans des manifestations dites marginales de l'activité scientifique.

Le signal du sourcier, donc, se propage sur WikiPédia.

Résurgence d'une mentalité universitaire, pour laquelle la qualité d'une publication  se mesure au moins autant au nombre de références bibliographiques qu'au nombre d'apports innovants du papier ?

Ressourcement recherché des contributeurs, désireux de s'affranchir du délit d'opinion en attestant de leur adhésion à la religion du fait ?

Ressurgissement du débat entre les tenants de la tradition orale, pour lesquels la chose est vraie si elle a été communiquée dans un cadre de transmission intiatique, compagnonique ou même simplement professorale, et ceux de la tradition écrite, qui ne jurent que par la sainte inscription, le saint papier ou même le saint lien ?

La recommandation  faite de citer les sources est tout à fait légitime, et même légitimante, lorsque l'auteur use de citation, emprunte ça oui  là un élément de théorie, une relation d'observation, un fragment de réflexion, mobilise une œuvre existante au profit d'une nouvelle.
Il s'agit à la fois de rendre hommage à un partenaire, de permettre au lecteur de vérifier qu'il n'y a pas d'abus de l'argument de notoriété, de se comporter en honnête maollon d'une longue chaîne de travail.

Elle a tout de même des limites conceptuelles et des bornes pratiques qu'il conviendrait de prendre en compte.

- D'une part, sauf à se limiter à vouloir valider un l'existence historique d'un point de vue considéré comme un fait en soi, sans relation avec sa cohérence, sa pertinence, voire sa démontrabilité, ce n'est pas parce qu'il y a une source que l'eau est potable. En d'autres termes, l'existence d'une référence elle-même vérifiable n'est pas la preuve de la validité de la chose ainsi référencée.

- D'autre part, il est des réalités pour lesquelles les références sont :
-soit de seconde main, telle par exemple l'invocation à un extrait d'un ouvrage introuvable sauf à faire le siège d'une bibliothèque nationale ou vaticane,
-soit même inpossibles à formuler, car l'original est perdu et nous ne possédons que des témoigages de témoignage. J'ean ai vécu unn cas concret à l'occasion d'une recherche sur les deux sens du concept d'égrégore.
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Je développe un peu l'exemple.

Le mot égrégore peut se oir attribuer deux étymologies, donc en fait deux significations d'origine contrôlée différentes.
Une grecque et une latine.

-1-La grecque s'appuie sur  le vocable grec ἐγρηγορώς, egregoros, adjectif signifiant vigilant, dérivé du verbe ἐγείρομαι, egeiromai, s'éveiller. Le mot désignerait une individualité. Une source attestant l'emploi du mot dans un sens religieux est le livre d'Enoch, éditions Robert Laffont, Paris 1975.
Cette source est citée par WikiPédia dans son article consacré au livre d'Enoch. Toutefois le texte de ce livre est repris, selon son préfacier, de la traduction d'un texte anglais,  lui-même composé en assemblant des manuscrits abyssins repérés à la fin du XVIII° avec des fragments conservés en langue grecque et insérés dans des ouvrages d'un chroniqueur byzantin du X° et d'un polygraphe du VII°...Autant dire que cette source n'est peut-être que le déversoir d'un marécaget littéraire. Le choix du mot égrégore peut, à ce degré de complexité dans la filiation, résulter tout autant d'une erreur d'un des copistes, que d'une approximation stylistique ou démonstrative, d'un des traducteurs, et  nous ignorons probablement le mot employé dans le texte d'origine, à supposer qu'il y ait eu texte écrit et non transmission orale.

-2-La latine s'apuuie sur le mor gregarius, relatif au troupeau. Égrégore désignerait alors  alors un esprit collectif,  bienfaisant ou malfaisant, obtenu ex-gregarius, c'est à dire comme émanation du groupe.

L'article Egrégore de WikiPédia mentionne bien la dualité des origines potentielles, en conformité avec le principe de neutralité de points de vue, mais sans citer le livre d'Enoch. Il se borne à parler de légende juive en commentaire à l'étymologie grecque, ce qui peut relever d'un anachronisme involontaire.
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Ceci pour en venir à dire que le culte du sourçage peut dériver en dogmatisme aveugle. Il conviendrait d'accepter que tout énoncé ne peut être sourcé.

De plus, autant il est facile d'apposer un bandeau stigmatisant un sourçage insuffisant – un robot-lecteur peut le faire tout seul, s'il compte le nombre de balises de type référence et en tire un rapport au nombre de mots ou de lignes du texte de l'article. Dès que le taux serait inférieur à un ratio fixé d'avance, par exemple une référence toutes les vingt lignes, alors le robot affiche le bandeau...autant il devient délicat de le retirer.
Que signifie, objectivement, le mot suffisament dans le texte "Cet article ou cette section est sujet à caution car il ne cite pas suffisamment ses sources" ?

Ces bandeaux sont, pour le lecteur, une signalisation ambigue : un article bardé de bandeaux d'alerte  est perçu comme pas très sûr, peu crédible, guère intéressant. Bien sûr, cette signalétique peut renforcer l'idée selon laquelle le contenu est tout de même surveillé, donc que l'encyclopédie dans son ensemble est une entrprise sérieuse. 
Toutefois, une lecture attentive montre que certaines sources sont inutiles, et que dans d'autres cas l'abondance de sources  déclarées ne semble pas – je sais, c'est subjectif –  augmenter la qualité de l'article.

Certes, la recommandation faite aux contributeurs de WikiPédia sur l'art et la manière de citer des sources est pédagogiquement bien venue. Il n'en reste pas moins vrai  qu'elle ne fixe pas, et heureusement,  la quantité de sources qui fera la qualité de la rivière. Ceci n'empêche pas de zélés relecteurs – pas tous... – de distribuer du bandeau comme l'administration courtelinesque distribuait du tampon...
Et s'il est facile de coller des avertissements, car aucune justification approfondie n'est requise, il est à l'expérience bien plus difficle de les retirer, car là il faut argumenter serré. Même ceux qui n'ont pas ou plus de  raison raisonnable d'être. Il faut souffrir pour faire un bel article...

A titre personnel, je fais partie des maniaques de la citation des sources, à tel point que ce blogue, tout comme le site associé, fait une forte consommation de la balise <a href> | </a>.
Mon conseil méthodologique est de considérer que le sourçage est une des composantes de la rédaction.
Autrement dit, il est très difficle, assez long et parfois même fauteur d'erreur de disjoindre les deux activités. Le métier de sourceur  en enclyclopédie – il y a bien des peintres en lettres – est ingrat et risqué. Presqu'autant que celui de sour-ceur en négoce international...
C'est une des raisons qui me font approuver les préconisations des wikipédiens regroupés au sein du projet source. Je ne voudrais pas que ce billet fasse penser que je m'en désolidarise...

Crédits : l'image est celle de la couverture d'un ouvrage collectif  publié par les éditions Luce Wilquin, 48, rue d'Atrive, 48, B - 4280 Avin, Belgique. qui communiquent : Le concours de nouvelles annuel de la Fureur de Lire portait en 2005 sur le thème Sources. Les récits des sept lauréats sont ici réunis et plongent chacun à des puits différents.  Un ouvrage 14 x 20,5 cm, 100 pages, ISBN 2-88253-298-9,  vendu 10 €.
J'ai cherché la source dans le mobilier héraldique, mais sans succès. J'ai trouvé la fontaine, la rivière., le puits, mais pas la source.
Si quelqu'un a une idée...






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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 19:35
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Dans Le Monde daté du 16-17 mars, page 2, Bertrand Le Gendre, sous le titre Faut-il brûler Wikipédia, fait avec finesse le point de l'état actuel des controverses autour de cette entreprise collaborative.
Un article antérieur de Robert Solé paru dans le même quotidien avait posé le problème en d'autres termes, à propos de l'expérience scandaleusement partiale conduite par un enseignant dans une école de journalisme.

Parler d'entreprise collaborative relève plus de l'oxymore que de la tautologie. Ce qui semble en effet être une propriété commune à la majorité des entreprises est d'être non pas un espace collaboratif, mais le lieu géométrique de tous les antagonismes, la table ronde de tous les égoïsmes, le champ d'affrontement de tous les individualismes.

Pour que Wikipédia puisse déranger  l' Institut National de Recherches Pédagogiques au point que cette institution déclare que les contributeurs sont au mieux des amateurs, au pire des perturbateurs, combien faut-il que la remise en question d'un modèle vertical descendant de la connaissance orthodoxe que ce nouveau corpus stimule soit acérée et percutante !

Contributeur de (à?) Wikipédia, je plaide coupable.

Oui, je suis un amateur. En dépit de cinq années d'études supérieures entées dans des études classiques à l'ancienne (mon bac remonte à 56 – l'année de Les racines du ciel et de Et Dieu créa la femme...), d'un diplôme d'ingénieur, de l'équivalent de trois années de formations complémentaires diverses, d'une expérience professionnelle de quarante années, dont vingt dans le conseil et la pédagogie, je demeure un amateur. C'est à dire une personne qui aime certains pans de la connaissance scientifique, culturelle et artistique.
Si l'amateur que je suis vient intervenir dans des sujets techniques où il a déposé des brevets, sur des thèmes culturels dont il a été acteur direct, à propos d'artistes qu'il connait depuis des lustres et dont il a assimilé et défendu l'œuvre, il est bien entendu moins crédible, moins documenté, moins impliqué qu'un universitaire qui , sous l'autorité morale d'un académicien, recopie les thèses de ses professeurs, voit le monde depuis son bureau du campus, tire ses jugements des actes des congrès auxquels il est abonné.

Oui, je suis un perturbateur
. En dépit de la bonne éducation qui me pousse à émettre des points de vue de manière d'autant plus policée qu'ils sont iconoclastes ou libertaires,en dépit de la considération que j'éprouve envers et contre tout pour ces universitaires que je viens de brocarder un peu sauvagement – car j'en fréquente qui sont d'authentiques cherchants à la fois modestes et prudents – , en dépit du respect que j'ai pour les gros dictionnaires et les savants traités, je m'insurge contre l'idée que la connaissance serait un fleuve aux eaux tranquilles qui coulerait paisiblement d'une calme source.

Le perturbateur que je suis croit que la connaissance est temporaire et indécise, que les dogmes révérés d'aujourd'hui sont les âneries moquées de demain, que l'image du savoir se construit dans la controverse, le débat, la confrontation des souvenirs et des angles de vue. L'affrontement des idées purifie la science des a priori et des tricheries, désengourdit la philosophie paralysée par les systèmes, débarrasse l'histoire des scories des idéologies. Et que font les wikipédiens sinon confronter les idées reçues, en tirer par approximations successives une description moins fausse des réalités qu'ils veulent mettre en mots transmissibles ?

* * *

Ce n'est pas Wikipédia qui pousse les étudiants à tricher dans leurs mémoires et confondre marquetterie de citations et travail original. Déjà il y a cinquante ans les paresseux de la version grecque ou latine cherchaient dans les grox lexiques bien documentés la citation la plus proche du texte à casser pour en emprunter la traduction au généreux compilateur qui avait établi la notice du mot clef de la phrase.

Ce n'est pas Wikipédia qui incite les petits malins qui s'amusent à gribouiller partout des insanités à venir vandaliser le travail des abeilles contributrices. De tous temps, certaines personnes à certains moments se sont complues dans la destruction, le sabotage, la déprédation. Et les abeilles soldats découragent les intrus, pendant que les abeilles restauratrices remettent les rayons en ordre.

Longue vie à Wikipédia.


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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 22:19
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Dans un numéro récent de Le Monde, daté du 3 novembre, Robert Solé écrit, ce qui est son droit, à propos de Wikipédia : c'est le règne de la fainéantise et du plagiat. Il ne peut ignorer que cela fait des années, des siècles peu-être, que les étudiants paresseux recopient des textes disponibles pour étoffer leurs copies. D'ailleurs, bon nombre d'enseignants agissent de même pour nourrir leur cours.
Il écrit aussi, ce qui est plus intéressant : aucun diplôme n'est requis pour compléter ou modifier l'une des innombrables fiches...Et là je vois bien ce qui le blesse : les non-diplômés peuvent enfin exister dns leur expertise, c'est rageant ,cette injustice.

Et il valorise le travail de destruction engagé par un certain Pierre Assouline, qui a usé de son pouvoir d'influence pour inciter certains de ses étudiants à vandaliser Wikipédia,  pour démontrer que tout le monde pouvait accéder à un Wiki et en modifier temporairement le contenu...Ce qui est enfoncer, dans un certain fracas médiatique, une porte  ouverte.

Il est certain que dans le domaine de la politique, du chaubise, du pipole, Wikipédia est fragile. Et il est vrai que la vie intime et la brève carrière du moindre fouteballeur  y occuppe plus de place que celle d'un chercheurs ou d'un créateur d'entreprise.

Toutefois, dans certains domaines, les articles mis en ligne sont crédibles, documentés, validés contradictoirement, et tout amateur éclairé peut y déposer les traces de ses connaissances, expériences, investigations.

Un débat a été conduit au sein de la famille des contributeurs – bénévoles, faut-il le rappeler ? – pour savoir dans quelle mesure il convient de certifier, ou de valider les articles – ce que Robert Solé nomme, un peu dédaigneusement, les fiches, mot codé qui a un sens pour les universitaires et les romanciers consciencieux, mais porte en sous-entendu aveuglant , pour le grand public, le dédain du je-m'en-fiche, c'est-mal-fichu...

Certifier ou valider ?

Certifier et valider sont des opérations qui ont des ressemblances, en terme de produit, et des dissemblances, en termes de processus.

Certifier : atteste pour moi la conformité à un référentiel formel. Il s'agit de savoir si l'objet répond à certaines normes de fabrication, de présentation, d'utilisation. Wikipédia, entité collective,  se donne du mal pour certifier que les articles mis en lignes satisfont à divers impératifs, lesquels évoluent à mesure que l'on apprend, sans que la validité du contenu soit un critère fondamental ; en effet, l'idée de base est que la validité du contenu, du point de vue des utilisateurs, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas,  est sans cesse améliorable, toutes choses égales par ailleurs, du fait du travail des contributeurs.

Valider : signifie qu'une personne, ou un groupe de personnes, a décidé, selon ses propres critères, que le contenu était valide, c'est à dire ne s'opposait pas à leurs convictions intimes. J'emploie le mot conviction, car notre histoire collective nous enseigne qu'il n'y a pas de vérité absolue, scientifique, théologique, historique même, et que "l'état des connaissances" ignore certains faits, en valorise d'autres, confond hypothèse de travail, élucubration géniale et condensé de préjugés. En ce sens, Wikipédia dénie le concept de validation, et là est son avantage concurrentiel vis à vis des encyclopédies figées jamais à jour. Bien sûr, il convient d'éviter de présenter  les âneries comme des innovations prometteuses, et les approches réfutées comme des connaissances maudites ; mais ces âneries et ces approches existent, et pédagogiquement leur étude n'est pas inutile.

Je suis donc personnellement de plus en plus réticent à l'idée d'introduire le vers dans le fruit et la validation, au sens rappelé plus haut,  dans Wikipédia.

Un article de qualité est pour moi un article qui atteint un niveau connu de certification. Pas un article plus valide qu'un autre. Les ébauches ont leur part nécessaire de validité.

L'esprit Wikipédia, pour moi, est  : tous contributeurs - certains, plus expérimentés dans le fonctionnement du système, co-certificateurs - pas de validateurs autres que les utilisateurs - et rétroaction.

C'esti la logique du vivant.

Je vois donc avec crainte s'avancer l'idée qu'une des corporations du savoir, les enseignants, si honorable soit-elle, valideraient partie de l'ensemble et rejetteraient le reste dans les ténèbres de l'incertain.
Wikipédia est une collection de versions de travail, avec de plus une très bonne traçabilité du dit travail. Vouloir en extraire un sous-ensemble nommé version validée, c'est tuer à la fois l'ensemble générateur et le sous-ensemble ainsi isolé, en supprimant la rétroaction au profit d'un filtrage préalable. Les bases de données "validées" rassurent ceux qui ont peur du progès, des remises en question, des incertitudes.

Ça m'arrive aussi, d'ailleurs. Ça fait plus propre...

Mais la connaissance, c'est sale, c'est flou, c'est discutable, c'est relatif.


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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 11:19
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Pierre Assouline, écrivain de notoriété moyenne , et accessoirement enseignant à l'école de journalisme de l'IEP, a il y a peu de temps incité cinq de de ses élèves à expérimenter la résistance aux déformations de WikiPédia en leur demandant, entre autres,  d'en modifier des articles et d'observer les réactions du système.
Peut-être avait-t-il à redire sur l'article que lui consacre cette encyclopédie ?

Cette expérience a fait l'objet d'une analyse dans AgoraVox.

WikiPédia et AgoraVox ont des points communs :
-ouverture aux contributeurs  sans recrutement ni diplôme ni visa mental délivré par l'institution ;
-bénévolat des rédacteurs ;
-dispositif permettant de discuter à propos d'un article ;
-emplacement réservé à chaque rédacteur pour se présenter et indiquer ses références personnelles et/ou professionnelles ;
-mobilisation des connaissances (sur les faits, les personnes, les idées,...)de tout un chacun, et il n'y a pas que les bac+n pour avoir des idées intelligibles, maîtriser des connaissances utiles et savoir regarder les faits en face ;
-relative liberté des réactions des lecteurs ;
-apparition possible de contributions hors sujet, voire franchement crétines ou même ouvertement malpolies, comme le montrent à l'envi [*] les fils de discussion des forums.

WikiPédia et AgoraVox  ont des différences :
-la technologie du Wiki favorise la traçabilité des apports ; celle qu'utilise WikiPédia est particulièrement sophistiquée, permettant en particulier de consulter en synoptique les versions successives du texte de la même page ;
-AgoraVox évalue de manière hiérarchisée les commentaires, jusqu'à les replier si le nombre d'évaluations défavorable des autres lecteurs au sujet du dit commentaire est suffisant ;
-Le texte d'un article de WikiPédia peut être vandalisé, pas celui d'un papier d'AgoraVox

L'expérience faite, si j'en ai bien compris le protocole,  a peu d'utilité de principe : une page de Wiki peut être modifiée par qui le veut quand il veut. Pas besoin de le  démontrer. Il en devient légitime de penser que le choix de la cible n'est pas innocent, et que le maître de travaux pratiques avait une idée derrirère la tête.
Son seul intérêt, à mon avis,  est de permettre de vérifier que les contributeurs suivent les articles qu'ils ont déclaré suivre et réagissent aux modifications. Comme ils sont bénévoles, rien ne les oblige à faire ce travail dans les quatre heures...
Je ne veux pas faire de procès d'intention à l'initiateur de la manip'. Si ses étudiants font preuve de la liberté d'esprit qu'il est légitime de leur présupposer, ce travail les aura fait entrer, si besoin était, dans l'univers de la coopération.

J'ai par conséquent envisagé d'ajouter à sa biobliographie sur Wikipédia, le 16 juillet,  le paragraphe qui suit :

Début 2007, il se fait remarquer en proposant comme travail pratique à certains de ses étudiants de tester la "qualité" de Wikipédia en vandalisant des articles pour mesurer la réactivité des rédacteurs. Il contribue ainsi à la notoriété de l'Encyclopédie, en faisant parler d'elle et suscitant des réactions visant à en améliorer encore le fonctionnement.

Je voulais savoir  combien de temps cette addition, qui n'a rien de diffamatoire, subsisterait. Ou comment elle serait reprise et agrémentée...Eh bien j'ai constaté que les contributeurs de WikiPédia qui avaient voulu introduire cet épisode pas des plus originaux, mais licite, de sa carrière dans son parcours avaient vu leur ajout révoqué sans délai. Je me suis donc limité à un commentaire de même contenu sur l'article d'AgoraVox.
Le collectif  WikiPédia est-il sans rancune aucune, ou bien l'auteur du blog au titre contesté de La république des livres  y compte-il assez de groupises [**] et de fanas pour que sa respectabilité soit solidement garantie,même lorsqu'il se laisse aller à suggérer des manipulations méthodologiquement douteuses ?

La page réservée à la discussion, que trop peu consultent, fournit, elle, des informations bien plus détaillées sur les manières de faire de Pierre Assouline. Je ne saurais trop en recommander la lecture.

Notes

[*] Non, pas d'e final...
[**] Pourquoi ne pas franciser ?

 
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18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 11:34
Le débat autour de l'encyclopédiarité (attention, néologisme...) de WikiPédia alimente la presse ces jours-ci.
La revue Nature, le Figaro, et d'autres ont présenté articles et contributions sur ce thème.
WikiPédia lui-même (elle-même ?), sur sa page d'accueil et sa page dossier de presse , utilise le mot encyclopédie pour se définir, en y ajoutant quelques qualificatifs.

J'ai d'ailleurs repris ce mot dans le signalement que j'ai fait de cette production collective dans la desmothèque du site adamantane.net.

Le mot encyclopédie véhicule pour moi plusieurs idées. Entre autres :
-A-l'ouverture : nous n'excluons de notre champ d'intérêt aucun domaine
de la connaissance
-B-l'exhaustivité : nous dirons (un jour?) tout sur tout
-C-la fiabilité : nos informations sont des données sûres et garanties
-D-la notoriété : nos collaborateurs sont crédibles, voire
incontournables dans leur domaine de compétence, même si inconnus du public
-E-la neutralité active : si plusieurs points de vue existent, nous les
exposons sans pointer (trop visiblement ?) de préférence
-F-la prudence : nous distinguons le fait avéré du fait rapporté, le
fait rapporté de l'hypothèse, l'hypothèse de la rumeur,...
-G-la stabilité : nous proposons un texte qui est insensible aux
pressions externes et effets de mode
-H-l'adaptativité : nous publions (ou publierons)  des mises à jour à
intervalles suffisants pour suivre les changements et nouveautés

Encyclopédie est-il le mot descriptif le mieux adapté à la réalité de
cet ouvrage qu'est WikiPédia ?
Le critère A est vérifié.
Pour B, C et D, nous reconnaissons des lacunes, mais au lieu d'en subir
l'existence nous tentons collectivement de les combler.
Les critères E et F nous préoccupent, font partie de nos perspectives,
mais nous n'avons pas trouvé de processus de construction qui les
garantissent une fois pour toutes : toujours à refaire.
Pour G, nous avons pris le parti inverse : l'instabilité dynamique
précède l'épanouissement
Pour H, nous sommes par construction meilleurs que tous les livres du
monde...

Je crois que sur mon site, je vais remplacer encyclopédie par base
interactive de connaissances.
Même si ça fait un peu long.
En attentant d'avoir trouvé un mot innovant pour désigner un concept
neuf, qui souffre de deux handicaps :
-les observateurs attendent de lui toutes les caractéristiques du
concept antérieur (et toujours utile), l'encyclopédie ;
-les contributeurs, formés pour les plus âgés dans un cadre un peu trop
conservateur (c'est mon cas) et pour les plus jeunes dans un cadre pas
assez rigoureux (c'est mon évaluation...), ont du mal, et ça se
comprend,  à se doter d'une règle du jeu qui concilie le nécessaire
anarchisme du projet et l'indispensable organisation du processus.

Une base interactive de connaissances :
-c'est comme les bases de données documentaires : un référentiel
incomplet, mais qui par effet de cliquet ne peut que s'étendre et
s'améliorer.
-c'est centré à la fois sur la collection (produit) et sur  la
collecte(processus) de connaissances.
-c'est accessible à tous ceux qui ont un petit fragment de la
connaissance globale et veulent la mutualiser.
-c'est interactif, vivant, donc il y a désordre, erreurs, anomalies,
fragilités, débats...

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