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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
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  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 16:33

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f2/Jean_Mi%C3%A9lot%2C_Brussels.jpgNon, la transclusion n'est pas une conclusion transcendentale...

C'est en fouinant dans les pages d'aide consacrées au tout nouvel éditeur visuel de WikiPédia [1] que vous découvrirez ce mot.

De même que Monsieur Jourdain prosait sans le savoir, lorsque vous semez des alias {2] dans vos dossiers informatiques, vous transclusionnez sans le savoir. En effet, ouvrir l'alias, de quelque dossier que ce soit, appelle un fichier source unique, le seul qui soit modifiable. Ces copies virtuelles engendrent un grande économié de moyens et un substantiel gain en volume mémoire.

Transclusion et lien sont les deux outils de codage qui distinguent l'hypertexte [3] du texte.

 

Le lien, une fois activé, fait apparaître, soit sur l'écran lui-même (la fameuse fenêtre popeupe, ou bien une autre zone de l'écran) soit sur un autre écran un autre élément d'information autonome, texte, image, son, vidéo ou autre. Les notes de bas de page peuvent être typographiquement traitées par lien symétrique : cliquer sur le numéro de note renvoie physiquement à la note (économie du défilemen) et depuis la note cliquer sur le numéro renvoie au point de départ.. Je n'ai pas choisi cette option sur ce blogue...

 

La transclusion, elle, est si j'ai bien compris  implicite. Tel ou tel paragraphe du texte, par exemple, a sa source stockée ailleurs en tant que texte. Modifier le texte source modifie ce paragraphe dans tous les textes qui y font appel, un peu à la manière de la définition d'un style dans une feuille de style. Celles des images illustrant ce blog qui sont puisées dans le fichier illustrations du portail adamantane résultent de transclusions. Si je modifie l'image (c'est à dire associe une autre image à la même adresse URL), alors l'image sera changée sur le blog et sur les pages des autres sites associés au portail...

 

En pratique, transclusion = inclusion par  transfusion...[4]

 

Pour revenir sur le thème de la néologisation, le mot a été forgé en anglais, mais rien n'interdit, vu l'étymologie de ses composants, de l'adopter tel quel en français. Les espagnols écrivent transclusión. Les allemands et les danois  transklusion. Les portugais transclusão. Les polonais transkluzja

 

Crédits : L'illustration est insérée par transclusion depuis WikiMédia Commons. Ce moine copiste - les travaux des copistes avaient des ressemblances avec les hypertextes ; la typographie de la revue Planète, due à François Richaudeau, s'isnspira ouvertement de la structure des manuscrits médiévaux -  est Jean Miélot, secrétaire, scribe et traducteur de Philippe le Bon

 

 

[1] Je sais, cela s'écrit Wikipedia, mais d'une part cette manière d'écrire avec un P me rappelle la syntaxe Wiki d'origine, et d'autre part le é me semble judicieux ouïe la prononciation usuelle du mot.

{2] Alias est le nom MacOS d'un concept que Windows nomme raccourci.

[3] Attention, hypertexte est un VIP (Vocable Insidieusement Polysémique). En effet, outre l'acception chère aux informaticiens et autres webmaistres (une variante orthographique ne fait pas de mal, de temps en temps...) , il y a l'acception antérieure due à de distingués  linguistes, tels que Gérard Genette et les suivants...

[4] Merci, Marcel...

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 18:17

Le papier carbone faisait partie du matériel de base de la dactylographie, lorsqu'à Pâques 1954 je me
formai à cet art essentiellement digital, devenu aujourd'hui un sous-programme basique de tout individu branché ayant à user d'un clavier...


Encore que dans cette circonstance pas mal d'êtres humains semble devenus monodactyles, ce qui vient contrarier un des principes de base de cette actvité éminemment psychomotrice, à savoir
sers-toi de tes dix doigts, tu ne les as pas eus pour rien. L'analogue du tu as payé toute la scie de l'ajusteur exprimenté regardant son apprenti s'escrimer avec sa scie en lui
imprimant de petites saccades n'ayant rien du geste auguste du semeur (de limaille).


Korès, Pelikan, et les autres, qu'êtes-vous devenus ?


L'image qui orne cet article est une reproduction d'une antiquité de mon outillage personnel, conservée à titre de témoignage. Ramette achetée vers 1973, lorsque j'étais contrôleur de gestion
chez Rank Xerox France, et avais appris que le format A4 allait être poussé par les fabricants de photocopieurs - standardisation des magasins à papier - en s'appuyant sur les recommandations
encore paresseusement appliquées de l'ISO. Il a alors remplacé dans les bureaux le 21 X 27 de ma première jeunesse...


 


Aujourd'hui, le mot carbone est plus souvent associé à empreinte qu'à papier. Le mode de calcul de l'eimpreinte carbone - en réalité il s'agit du carbone tel que combiné à
l'oxygène dans le retoutable gaz carbonique, CO2 pour les initiés en chimie minérale.


Redoutable ? Ce n'est pas l'avis des arbres  en particulier et des plantes en général, sans oublier quelques bactéries, qui en font si j'ose dire leur miel, car sans CO2 la photosynthèse
nouricière du vivant végétal tourne à vide. Il est vrai que le CO2 ne suffit pas, il lui faut être en compagnie d'eau et de lumière...Fécond ménage à trois...


 


Lorsque je travaillais chez Cofiroute j'avais appris avec intérêt que les végétaux du TPC [1] et des bermes étaient un bon indicateur du flux
moyen de circulation. Plus (au sens de plusse, pas de pas...) de véhicules, plus de gaz d'échappement, plus de carbone disponible,
photosynthèse mieux nourrie !


 


J'ai éré aimablement sollicité par de militants et sympathiques écologistes pour méditer, et faire méditer mes lectrices et mes lecteurs sur un thème d'actualité : l'empreinte carbone (cette
affreuse locution me semble être une traduction littérale d'une tournure anglo-saxonne ; les écolo-linguistes vont me tomber dessus à bras raccourcis) de ce geste innocent et convivial qu'est la
consultation d'une page sur un site internet.


 


Leur demande était courtoise mais ferme. Ils sont persuadés que la consultation de leur petit compteur
écolo fera réfléchir l'internaute boulimique. Et que la prise de conscience qui en résultera augmentera le nombre des petits gestes étiquetés écolos et contribuera au bien-être de Gaia.


 


Mes objections, je les avoue ici.


D'une part ne pouvant agir sur la consommation d'énergie de la chaine internétique
[2], des serveurs aux réseaux , des modems aux terminaux,  je me demande que faire de l'information ainsi récoltée, sinon me sentir
coupable de polluer. Il est vrai que même mort je polluerai une dernière fois, la décomposition de 80 kg de chair et d'os ayant elle aussi une empreinte carbone mesurable.

D'autre part, la seule action à ma portée consisterait à fermer de ce blogue. D'autres l'ont fait avant moi, mais je doute que leur suicide communicationnel ait puisé son désepoir dans la
mesure de la superficie d'une empreinte carnbone.



Ceci dit, dans le doute, je pense avoir agi de manière objective et logique en signalant cette initiative. A la fois ici et dans la liste des liens patronnés, bien à sa place dans l'ordre
alphabétique.


 


A noter une anomalie de vocabulaire. Parler d'empreinte carbone pour désigner une masse de CO2 est une hérésie métrologique. Une empreinte s'évalue avec une mesure de surface -
l'empreinte écologique est très rationellement graduée en hectares... - et non de masse. Il conviendrait d'utiliser au moins la terminologie équivalent carbone ou mieux équivalent
CO2, ainsi que le font les praticiens du bilan carbone.


 


Leur solution au problème posé par les émissions de CO2, et autres gaz dits à effet de serre,  engendrées par la consultation des blogues n'est pas leur suppression (ils tiennent à
jour  eux même un blogue ) mais la souscription à l'achat d'un arbre qui sera planté quelque part dans l'Allier, ce qui permet par ricochet
à un pépiniériste de se faire connaître . Je n'ai rien contre la reforestation, j'ai avoué ma dendrophilie, j'ai proclamé et soutenu la splendeur de l'arbre, rendu hommage au frêne aux trois racines, aussi je me réjouis de cette manière de faire. Peut-être est-ce ce point de leur promotion
qui a fait finalement pencher, d'un léger souffle, d'une foliole, la balance de mon scepticisme ?


 


Si l'on remonte dans leur chaîne de raisonnements et d'actions, il apparaît que leur perspective initiale était la prohibition des publictés dévoreurses de papier qui encombrent nos boites à
lettres. De la même manière, opération de sensibilisation, en usant de l'empreinte arbre de la masse pas bio du tout de ces réclames imprimées, distribuées et jetées sans être lues, alimentant
parfois même les fabriques de papier recyclé. Puis distributions de stickers (encore l'empreinte franglais !) demandant poliment Pas de publicités SVP , et encourageant ...la consultation des sites internet des fournisseurs de biens et services !


N'était-ce donc que déplacer le problème ?


Il est à noter que l'autocollant (c'est moins chic que sticker, mais ça colle aussi bien) que j'ai apposé sur ma boîte à lettres n'est respecté par aucun de ces forçats de la pub qui nourissent
quotidiennement la batterie de boites de ma résidence.


 


Tout cela quelques jours après que nous ayons appris via Le Monde (mardi 4 juin, supplément économie et entreprise, papier de Hervé Kempf) qu'un projet de scierie en bordure du
massif forestier du Morvan oppose deux tribus d'écologistes : les tenants de la production d'énergie par combustion du bois et les tenants de l'évolution naturelle de la silve.


Ce papier est illustré d'une photographie de Pierre Gleizes qui est légendée d'un joli calembour visuel : la tronçonneuse qui trône sur une souche est
ainsi présentée : Le bois de Tronçay, dans la Nièvre, où...


 


 


 


 


[1] Terre-Plein Central


[2] Si, ce mot existe !...Du moins chez les francophones
Québécois...
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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 16:48

http://www.adamantane.net/illustrations/sucession_le_camus/

Un testament est dans la commode, j'en suis certain.

 

Telle est la phrase mystère du jour. Pardonnez-moi d'user d'un procédé à la Gaston Leroux...

Venons-en au fait.

J'ai évoqué ici en son temps, et  à deux reprises ( une, deux )  un projet éditorial : La succession pour les nuls. Eh bien nous en sommes à une, deux, trois...En effet,des circonstances indépendantes de ma volonté, mais que je m'autorise à exploiter, me poussent à proposer à mon éditeur virtuel non pas un tome deux (à l'instar de l'ancienne aventure testamentaire et de la nouvelle aventure testamentaire), mais une non-édition revue et augmentée de la non-édition précédente.

 

En effet, le fil directeur de le première non-édition avait la couleur verte de l'espérance : comment faire pour réussir une sucession, fut-elle complexe tant par le nombre et la disparité mentale et affective des hoirs que par la complication intrinsèque des dispositions du de cujus.

Erreur due à ma naïveté.

Il convient, à la lumière d'un vécu récent, de mêler à ce fil vert le fil noir des desseins contrariants, des projets contraires, des égoïsmes antagonistes. De manière concrète, il est à mon avis nécessaire, soit par ajout d'une section spécifique à chaque chapitre, soit par ajout d'un (gros) chapitre établi à cette fin, d'identifier et énumérer toutes les manoeuvres capables de ralentir et/ou bloquer le processus,  de transformer le deuil, fracture entre un mort et des vivants, en brouille,   fracture entre les vivants survivants.

 

Voilà donc quelque conseils à l'héritier amateur de chicore [1] . Il n'y a en effet aucune raison, dans la mesure où ce livre a pour projet d'aider les nuls, ce qui peut vouloir dire les extirper de la nullité tout autant que les rendre plus nuls que nuls (au secours, Raymond Devos, toi qui démontra avec astuce que rien c'est déjà quelque chose ! ), qu'ils soient éliminés de ce dessein altruiste.

 

Il y a un droit à la méchanceté, il y a un droit à la bêtise. Un jour, il deviendront peut-être même constitutionnels. Simultanément, il faut l'espérer car la méchanceté s'allie souvent à la bêtise...et cela donne rarement la même réussite qu'Hara-Kiri...

 

Ces conseils, je les formule ici un peu dans le désordre. Mon Hetzel personnel m'aidera certainement  à secouer tout ça dans un chapeau et à tirer les idées dans l'ordre juste.

 

 

♦ Mettez autant de notaires que possible dans le circuit : les lenteurs et les précautions sont multiplicatives, pas additives.


♦ Donnez à votre entourage immédiat des informations soigneusement choisies pour être à la fois incomplètes et contradictoires : moins ils comprendront, plus vous serez tranquille.

 

♦ N'hésitez pas à nier les faits les mieux établis par vos partenaires : s'ils ont des preuves, cela prouve bien qu'ils préparaient un sale coup...

 

♦ Pratiquez le procès d'intention systématique : cela créera tôt ou tard un incident en votre faveur.

 

♦ Attribuez à vos partenaires vos propres dérives, excès ou lacunes : ce sera à coup sûr leur donner, ainsi qu'aux tiers par ricochet,  une très mauvaise image d'eux-mêmes. Et s'ils sont à peu près honnêtes, vos affirmations auront le mérite, à défaut d'être vraies, d'être vraisemblables.

 

♦ Evaluez tout en termes strictement financiers : un héritage est une affaire, pas un partage.

 

♦ Mobilisez aussi, même si vous ne les pratiquez pas vous-même, et surtout si vous ne les pratiquez que superficiellement, des valeurs religieuses : les agnostiques et les libertaires ont toujours un peu mauvaise presse, cela vous aidera donc.

 

♦ Reprochez à vos partenaires d'attenter à l'honneur du défunt, à mots couverts d'abord : plus ils s'en défendront, plus votre reproche aidera à les disqualifier.

 

♦ Ne relisez les actes notariés que pour pouvoir dire soupçonner des anomalies de forme : comme vous ne comprenez rien au fond, cela vous donnera toutes les apparences du sérieux impartial. Et cela mettra vos partenaires dans l'obligation de justifier des énoncés exacts. Par ailleurs, comme nul n'est à l'abri d'un coup de chance, il y aura bien une ferreur de rappe, pardon, une erreur de frappe quelque part.

 

♦ Si vous soupçonnez de telles anomalies, surtout n'explicitez pas la formulation qui vous aurait convenu : vela vous évitera le désagrément de devoir reconnaître que vous agissiez soit par ignorance, soit par provocation.

 

♦ Si possible, découvrez tardivement dans le fond d'un tiroir un document ayant quelque apparence testamentaire : même s'il est déjà connu de tous, cela n'a pas d'importance, votre but n'est pas d'établir ou rétablir les droits de telle ou tel, mais bien de semer le doute.

 

Crédits :

Merci à Jules François Félix Husson, dit Fleury, dit Champfleury, auteur réaliste, ami de Gustave Courbet, expert en faïences, conservateur du musée de Sèvres, pour son roman La succession Le Camus, Paris, A.Cadot, 1858, puis Michel Lévy Frères, 1864, et surtout à François Bonvin pour son frontispice.

Un des intérêts, relativement à ce papier, du roman cité ci-dessus est que c'est page 347 (édition de 1858) que figure la phrase-mystère placée en incipit.

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[1] Rien à voir avec la chicorée Leroux ou  l'ami Ricorée...Il s'agit bien de castagne, de baston et autres bagarres...

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 19:24

http://www.adamantane.net/illustrations/ravaillac_execution/Pour ce qui est des si séduisantes structures dites matricielles (l'origine du mot semble refléter une certaine idolâtrie des termes de la mathématique : la très grande majorité des cadres que j'ai pu interroger à ce sujet ne savent absolument pas ce que sont les  || matrices || au sens de l'algèbre linéaire), mon expérience m'a montré que l'un de leurs principaux points faibles est la difficulté de gérer son temps, quand on est à l'intersection d'une ligne et d'une colonne.


A noter que lorsqu'un cadre est tête de ligne, sa difficulté est d'organiser le temps de son équipe, du fait de la nécessité de passer des contrats de partage d'emploi clairs avec toutes les têtes de colonne...et vice-versa. Une structure matricuielle 7 x 7 engendre à elle-seule, en plus du reste, (7 x 6 ) / 2= 21 relations bilatérales supplémentaires, et par ailleurs non indépendantes, ce qui ne simplifie rien...


● D'une part, chaque tête de file (ligne ou colonne) fixe des objectifs ou évalue des résultats de manière indépendante de l'autre (combien d'entreprises ainsi matriciées organisent-elles des entretiens d'annuels contradictoires avec les deux patrons de l'éternel [n-1] , le [n] réputé fonctionnel et le [n] dit hiérarchique ?).

● D'autre part, les rythmes propres aux deux dimension principales sont souvent très différents : par exemple l'une vit au jour le jour, et exige de la réactivité, l'autre travaille dans des perspectives mensuelles ou annuelles, et exige du temps protégé pour la réflexion.

S'il n'y a pas régulation concertée, ces structures écartèlent la personne. Or avant même que les états et /ou les nations prêtent oreille aux arguments des abolitionnistes, et éliminent de leurs codes la peine de mort, bon nombre d'entre eux avaient supprimé de la panoplie des modes d'exécution l'ignoble écartèlement, dont Ravaillac demeure, dans l'histoire de France, la victime exemplaire expliquée aux petits enfants.

Pourquoi nos entreprises continuent-elles de conserver, dans l'éventail des instruments de management, ce dispositif stressant dont l'efficacité attendue est fortement obérée par les conséquences dommageables constatées ?

 

Une prochaine fois, nous aborderons d'autres débilités organisationnelles, telles de les distinctions productifs|improductifs ou opérationnels|fonctionnels...

 

Crédits  cette gravure d'époque est mise en ligne sur le site Histoire en question. J'en recherche les références (auteur, publication, date, etc.). Si quelqu'un a une information...

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 19:29

homard_cuit.jpegLe nouveau livre de Michel Houellebecque est à peine paru qu'il alimente déjà les conversations blogospériques. Non seulement l'auteur aurait crassussé presque inté des notices de WikiPédia, mais encore le titre aurait déjà été utilisé.

Grabuge dans le landerneau.

 

Pour ce qui est des emprunts à WikiPédia, la démonstration fournie par un lecteur attentif n'est pas non-probante [*] . Mais est-ce vraiment grave ? D'abord, les contributeurs ayant participés aux articles décalqués ne peuvent qu'en tirer quelque légitime fierté. Ensuite publier sur WikiPédia revient à mettre son travail en ligne sous une licence de type particulier ainsi définie :

----------

En cliquant sur « Publier », vous acceptez de placer irrévocablement votre contribution sous licence Creative Commons paternité-partage des conditions initiales à l'identique 3.0 et GFDL. Vous acceptez d’être crédité par les ré-utilisateurs au minimum via un hyperlien ou une URL vers l’article sur lequel vous contribuez. Voyez les conditions d'utilisation pour plus de détails (aide).

----------

Bon, Michel Houellebecq semblerait avoir oublié de créditer les contributeurs via un hyperlien ou une URL vers l'article. Il est à ce propos assez piquant de constater que le site de Michel Houellebecq - si ce n'est pas son site, du moins ce site fait ce qu'il faut pour t ressembler - est adorné de la mention fort claire : reproduction soumise à autorisation préalable.  

A noter que le procédé qui semble lui être reproché est un des trucs et astuces érigés en technique d'écriture par la Nov'Poésie,, telle que dénoncée par le mouvement Clarté Poésie en son temps... : publier sur papier velin d'Arches, format oblong, quarante pages de l'annuaire téléphonique reviendrait à faire oeuvre de création poétique.

 

De toutes manières, et sans vouloir déprécier les notices qui auraient/ont largement inspiré notre auteur, leur contenu demeure au niveau un peu plat d'une information sans grande particularité stylistique, ni originalité conceptuelle. Il aurait pu tout aussi bien reprendre, sans solliciter un célèbre Wiki,  des articles du code civil ou l'introduction de la table de logarithmes de Camille Bouvard et Alfred Ratinet [ **].

 

Pour ce qui est d'une antériorité dans l'emploi du titre, le livre pourrait avoir été baptisé la porte et la fenêtre ou le homard et la lessiveuse , voire l'aveugle et le paralytique, et se voir l'objet du même soupçon.  D'ailleurs, un des billets de ce blogue est intitulé de manière assez banale - est-ce là d'ailleurs un cas de plagiat par anticipation ? - la carte et le territoire...Honi soit qui mal y pense...

 

 

Merci  au noblissime ordre de la Jarretière pour m'avoir fourni ma conclusion. Pour ce qui est de l'illustration, admettons que ce homard cuit et flou évoque le fait que notre auteur se soit fait pincer pour avoir floué, et pourrait en rougir ...

 

[*] Toutefois l'analyste de textes écrit : Wikipedia,  dont l'écriture encyclopédique est fondée sur le consensus mou des contributeurs,  rentre parfaitement dans ce niveau de langage qui retire toute émotion aux choses.

Là, il y a à redire. Ma pratique de WikiPédia est que les consensus ne sont pas particulièrement mous. Au contraire, les débats sont passionnés. Mais les utilisateurs sont peu enclins à ouvrir la page discussion. Il est possible que l'ergonomie du Wiki ne soit pas assez incitative à le faire.C'est dommage, car cette page contient souvent autant d'information sur le thème traité que la notice elle même.

 

[**] Dans les année 50, les hypotaupins apprenaient à la chanter sur l'air de La Marseillaise...

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 20:51
lharmonica.jpg
Dans succession il y a succès,  aurait chanté mon ancien de Taupe Guy Béart. Mais cette constatation n'a rien de prédictif. Traiter une succession avec succès est un authentique défi.
Que faire du savoir-faire ainsi accumulé ? Le REX, le retour d'expérience, qui n'est pas toujours du cinéma, est un concept très tendance. Pourquoi ne pas même imaginer sur ce sujet une VAE, une valorisation des acquis de l'expérience ?
Il y a dans ma bibliothèque quelques ouvrages dont la couverture jaune et noire évoque l'alliance de la nuit de la nullité et du soleil de l'illumination. Alors, pourquoi ne pas proposer à l'éditeur de cette série pédagogico-philanthropique un nouveau titre, La succession pour les nuls ?

Je prends donc rang, sur une suggestion dont je remercie l'émetteur, pour la propriété effective de ce titre. J'ai vérifié : il n'existe pas à ce jour...
Pour donner à cette déclaration la vraisemblance requise, je n'hésite pas à dévoiler ici les grandes lignes du sommaire de cet ouvrage dont le marché est hélas vaste et l'utilité, je le dis avec des regrets que j'espère n'être pas éternels, incontestable.


-Préface - à obtenir par exemple d'un homme politique ayant exercé un droit d'inventaire -
-Introduction : La succession, ça n'arrive pas qu'aux autres
-Les premières formalités, ou comment évaluer les difficultés potentielles à partir des premiers petits signaux
-La prise de contact avec le notaire, ou comment allier autorité et respect des usages de la profession
-La lecture du testament, ou comment interpréter les contradictions qu'il contient sans manquer à la mémoire du défunt
-La résolution des difficultés annexes, ou comment concilier les pointilleux , les rigoristes, les psychorigides, les indifférents, les laxistes, les généreux, les conciliants  et les autres
-La gestion du temps, ou comment stimuler le notaire sans indisposer son clerc, et vice-versa
-La présentation du partage, ou comment convaincre un éventuel défavorisé qu'il n'en a pas démérité pour autant, et un éventuel favorisé qu'il doit se contenter de ce qu'il a reçu, d'autant plus qu'il est difficle de trouver commune mesure d'évaluation entre un lot d'incunables, une collection de porte-clefs et des parts dans une société exploitant un cabaret
-La synthèse des acquis, ou comment prendre la peine de réfléchir sur les événements vécus pour en tirer des conclusions personnelles sur son propre avenir posthume
-Conclusion : attention, même s'il y a des lois générales, tout cas est particulier
-Références juridiques, avec renvois possible vers Le droit pour les nuls
-Index analytique
-Table des matières


Crédits : merci aux auteurs de L'harmonica pour les nuls, Jean-Jacques Milteau et Winslow Yerxa. J'ai longuement hésité, pour illustrer la nécessaire recherche de l'harmonie entre co-héritiers, entre l'harmonica et la magie. La référence à la magie m'a paru, à la réflexion, inciter le lecteur à penser que la résolution des problèmes posés par une succession n'avait rien de rationnel, ce qui est contraire à l'esprit qui veut animer cette proposition d'ouvrage.

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 17:57

Petit_Prince.jpgEntre le je et le nous, que de subtilités un peu spécifiques du français moderne, et aussi de  pas mal de langues mortes.

De même, voire plus, entre le tu et le vous.

Deux remarques :

-le tutoiement un peu artificiel qui est la règle irréfragable au sein de certaines institutions  peut poser problème pour qui veut manifester la différence entre la sphère d'intimité et la sphère sociale.
Chez Bossard Consultants je (une périphrase licite aurait été : un chef de département...) me suis trouvé pour la première fois de ma vie dans la situation de conduire l'entretien de licenciement d'une consultante en parlant le tu. Pas évident.

-le vous a selon mon expérience un charme tout particulier de respect caressant dans la sphère d'intimité, et j'en regrette l'abandon un peu systématique.





Je ferai l'éloge du vous
Vouvoiement volupté pure
Souffle qui sans détour avoue
Vouloir être voué à vous

Ce vous de voûtes cathédrales
Ce vous volutes savourées
Que voulûmes entre nous perpétuer
Ce vous noué d'envoûtements voulus

Ce vous orvet qui vouivre
Ou vœu qui rendez-vous
Ce vous trouvaille qui voussure
Je ferai l'éloge du vous

Un sondage argumenté réalisé en 2007 sur les pages internes de WikiPédia a eu un résultat à l'image des pratiques de l'enccyclopédie collaborative : 9 partisans du vous, 41 du tu, et 39 indifférents. Les raisons des uns et des autres sont intéressantes à connaître.

Ceci étant, l'appel au nous d'enthousiasme collectif a aussi été un peu dévalorisant pour le pluriel de la première personne. Cette désignation grammaticale, vaguement oxymorique -la singularité peut-elle être plurielle, ailleurs que dans certaines théologies, et quelques dialectiques ? -, peut d'ailleurs faire réfléchir. Les consultants ont appris aux cadres qu'il fallait dire nous pour faire croire qu'un projet était collectif, alors que trop souvent ne sont collectives que la sueur à pousser la machine  à décerveler et la peur devant l'échec possible où le nous éclatera en divers tu à tuer.

Le bon Docteur Thomas Gordon nous a rappelé la valeur intrinsèque du message-je :
-Si quelqu'un dit on pense que...quelqu'un d'autre peut tenter de démontrer qu'il s'agit d'une opinion. Possible à contredire.
-Si quelqu'un dit je ressens que...alors sauf à le considérer comme un malade mental qui s'ignore il faut bien accepter qu'il ait le droit d'avoir un sentiment personnel. Et difficilement réfutable.

Le Petit Prince avait trouvé une échappatoire : S'il vous plaît… Dessine-moi un mouton...

Que dire aussi de celles et ceux qui utiliseraient le nous comme un masque du je ? Le roi dit nous voulons, car tel est notre bon plaisir...

Je nous souhaite tout de même bien du plaisir.
Et un joyeux Noël.

Crédits : Merci à Antoine Marie Jean-Baptiste Roger  de Saint-Éxupéry...



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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 22:37
de-la-tour-nouveau-ne-original.jpg

Crédits : merci -à nouveau - à Georges de La Tour, pour Le Nouveau-né, tableau visible au Musée des Beaux-Arts de Rennes.
Huile sur toile ; 76 x 91 cm ; Saisie révolutionnaire, 1794

Parmi la trentaine d'oeuvres connues de Georges de La Tour celle-ci, saisie à la Révolution chez un émigré rennais qui n'a pu être identifié jusqu'ici, est sans conteste l'une des plus célèbres. [Note recopiée du site du Musée...].






J'ai reçu ce courrier :

Bonjour,

Suite à l’intérêt que vous avez porté à l’AED [1] en mettant sur votre site notre URL, et compte tenu de la nature de votre site, je me permets de vous contacter dans le cadre de notre campagne de mobilisation pour l’année sacerdotale : « Lumière d’Espérance ».
Nous lançons le 25 décembre cette opération ayant pour objectif de mobiliser les internautes en allumant 4000 cierges en 40 jours pour soutenir les prêtres en détresse à travers le monde.
Jusqu’à la fête de la Présentation du Christ au Temple, nous proposons aux internautes d’écrire une prière pour un prêtre, d’envoyer un message d’Espérance à ses proches.

Nous souhaitons à travers le symbole du cierge, matérialiser la prière, l’Amour de Dieu pour combattre l’intolérance religieuse et diffuser le plus largement un message d’Espérance.
C’est pourquoi, nous aimerions savoir si nous pouvons échanger nos liens. Nous avons d’ailleurs créé une page dédiée pour nos partenaires.

Je vous remercie par avance.
Sincères salutations.

J'ai ainsi répondu :

Bonjour

J'ai en effet publié sur mon site une longue page dédiée aux Compagnons Bâtisseurs, mentionnant donc le nom et l'action du  Père Werenfried van Straaten. Je ne renie en rien cet élément important, fondateur, de mon itinéraire personnel. Il s'agissait pour moi de témoigner de la possibilité de mettre, modestement, en pratique certaines valeurs dites évangéliques, et aussi de travailler de manière concrète à compenser à l'international  l'image négative imprimée par les mystérieux silences d'un Pape très récent. La démarche proposée n'était en rien sous-tendue par la volonté de convertir les autres, mais plutôt par celle de se convertir vers les autres.
Je ne suis, cinquante ans plus tard, pas du tout opposé au soutien des personnes en détresse, y compris les prêtres,  ni à la diffusion d'un message d'amour et d'espérance. Bien au contraire.

D'une part, je considère à titre personnel la vie spirituelle comme une affaire semi-privée. C'est à dire que si je pratique la mise en commun, dans des circonstances discrètes, avec des partenaires choisis, de préoccupations spiritualistes, je m'abstiens de faire campagne en faveur de mes propres options., et même de mes voies de recherche. Le doute m'habite plus que les certitudes....
D'autre part, je maintiens une distinction de principe entre dogmes religieux et perspectives spirituelles. L'assimilation sémantique de l'un à l'autre engendre selon moi un désordre mental par simplification abusive, la liberté spirituelle devenant inféodée au respect d'un dogme, donc niée.

Le rôle du prêtre - au dela des acceptions sacerdotales - est-il de multiplier les fidèles, ou bien de proposer une écoute en matière de spiritualité, même - surtout ? - à ceux qui sortent du cercle des pratiquants authentifiés.
Un pasteur en sa communauté, un imam accueillant ses frères, un rabbin commentant le talmud, un vénérable maître en sa loge de Saint Jean, un trappiste occupé à  jardiner, un jésuite au fond de son laboratoire, sont potentiellement prêtres en action. Quand ? Dès lors qu'ils cherchent à aider leur prochain à se poser les questions qu'il pressent en lui dans sa relation au sacré, serait-ce même pour en nier la réalité. Ils le sont encore plus s'ils ne font pas de l'adhésion à leur église, voire à une église, une condition incontournable de leur écoute. Et leur intention se doit d'être droite, c'est à dire centrée sur l'autre, pas sur le gain d'une âme, perspective à proprement parler diabolique.
 
Je m'oppose, chaque fois que besoin, de manière mesurée et dans la limite de mes moyens, aux démarches prosélytes ou missionnaires des obédiences religieuses. Je le fais sans autre parti-pris que le devoir de résistance à l'invasion des consciences par des corpus de systèmes religieux prêt à consommer. Je souhaite que les fidèles se réclamant de ces obédiences se bornent à approfondir leurs croyances. Travail intime qui est d'ailleurs long, difficile, considérable. Il implique la nécessité de  remettre les dites croyances en question et d'accepter l'issue éventuelle de les abandonner. Il oblige à en témoigner dans les faits, ce qui n'est guère plus aisé, sans pour autant se croire investi d'une mission apostolique visant à tenter de convaincre d'autres personnes que sa croyance est la bonne et seule croyance.

Autrement dit, j'adhère activement à l'idée selon laquelle chacun doit pouvoir vivre, le cas échéant, sa foi librement, sans tracasserie ou persécution d'aucune nature. Une seule condition : qu'il ne sorte pas de la réserve que doit lui inspirer la propre liberté de celles et ceux qui partagent pas la même foi.
Si, une fois ces clarifications apportées, vous considérez qu'un échange de liens est un bonne chose, merci de me le dire.

Cordialement.





[1] Aide à l'Église en Détresse
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Published by Adamantane - dans Systémique
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 22:55
images.jpg
L'approfondissement du concept de plagiat est peut être, paradoxalement, une des clefs de la recherche en matière de créativité.
Le dauphin plagie-t-il le requin ? La convergence évolutive est-elle un phénomène qui s'étendrait aux oeuvres de l'esprit ? La mémétique pourrait-elle nous aider à mieux comprendre ces ressemblances insolites entre des textes, non seulement de même idée générale, mais encore coïncidant de manière troublante pour certainsdétails,  bien qu'émanant de cultures différentes ?
Les exemples de plagiats dits involontaires sont nombreux, qui peuvent être objets d'étude et de réflexion.
Face à cette réalité, comment réagir ? Faut-il s'arc-bouter sur les dépôts de brevet - qui, à l'origine, avaient pour but d'inciter à la publication de la découverte, ce qui n'a pas empêché certaines firmes de détourner la méthode de son objet... -, les preuves d'antériorité, les enveloppe Soleau et les dépôts légaux, ou faut-il adopter d'autres dispositifs pour faire vivre les résultats a priori uniques - mais quelle preuve en a-t-on ? - d'un acte de création ?

Quelles leçons tirer de quarante années d'expérience professionnelle dans des métiers tournant autour de la recherche de la nouveauté, via un processus de type projet, dans des domaines tels que la technologie, l'organisation, les systèmes, l'éducation ? En voilà quelques unes.

-1-quels que que soient nos efforts pour fournir des présentations originales, nous nous copions les uns les autres, parfois sans le savoir, et aucun d'entre nous ne peut prétendre à la paternité (ou maternité) absolue d'un concept.

-2-la meilleure manière de protéger une idée est de la diffuser ; et alors nous nous rendons compte que pratiquement le même jour à la même heure à l'autre bout de la planète un document très proche décrit une approche à peu près identique...ça fait voyager !

-3- quand nous sommes plusieurs à pratiquer à peu près la même démarche, notre intérêt, sans oublier notre plaisir, passe plus par une coopération au moins informative  pouvant déboucher sur une activité créative de type collaboratif,  que par une recherchedocumentaire destinée à établir les prééminences historiques.

-4-l'attitude copyleft est une solution élégante au problème que pose le désir de concilier sauvegarde de ses intérêts légitimes et tendances altruistes.

-5-beaucoup de réputations sont soit usurpées, soit nées de la puissance d'un mode de diffusion, soit du plus pur des hasards. A titre personnel je me suis aperçu que j'avais théorisé et pratiqué,  sous le nom universellement inconnu de sémagramme, le mind-mapping plusieurs années avant que Tony Buzzan  ne commence à formaliser et vendre cette méthode aujourd'hui universellement connue, ...J'en ai  - immodestement - conclu non que j'avais été spolié d'une invention, mais que je n'étais pas si bête que ça...

Prenons un exemple.
Jean- Michel Cornu avait, à ma connaissance,  mis sous copyright en 2000 ses 9+1 lois de la coopération. Aujourd'hui, elles sont en accès libre sur son blog. Pourquoi ce changement d'attitude, d'ailleurs conforme à certaines des dites lois ? Il développe de nombreux arguments en faveur des logiciels dits "open source" (rarement vu couler des "closed source"...) et du copyleft. Peut-être parce qu'il a pris conscience - je ne le lui ai pas demandé, mais je me suis seulement soucié d'une possibilité rationnelle - à la fois :
-de l'inanité de certaines protections par copyright, même dans l'univers marchand ;
-de la primauté de l'opération de diffusion sur celles d'études conceptuelles et même de production d'idées.
D'ailleurs, en citant son activité comme exemple à l'appui des assertions qui précèdent, je contribue à la distribution de son savoir faire faire...
 
Je pourrais certes démontrer que les idées qu'il expose peuvent être identifiées comme une réécriture, avec extrapolation et création de nouveaux liens, de travaux conduits par Jean-Christian Fauvet et son équipe de Bossard Institut sur la Sociodynamique dans les années 70 / 85, lesquels travaux ont été à l'époque publiés, diffusés, adaptés dans de nombreuses entreprises avec de nombreux changements de vocabulaire et de notation. Mais ce serait inutile. Ayant participé à ces recherches, je sais qu'elles avaient aussi pour base de travail des réflexions-actions antérieures aujourd'hui peu connues, lesquelles, à leur tour...

Crédits : merci à Lemniscate, dont le commentaire m'a incité à me simplifier la vie, et a recourir à l'étymon allo(s), autre, pour spécifier un plagiat impliquant un texte ressource émis par autre que soi.
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Published by Adamantane - dans Systémique
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 21:42
Couverture-Slama-mini.jpgC'est le 8 juin 1978 que je fis la connaissance de Robert Slama. Après quelques aventures sans résultat probant en compagnie des cardiologues de l'hôpital Saint-Joseph, et un exament endocavitaire en soi-même fort intéressant - qui a pu regarder sur grand écran son propre coeur palpiter, et suivre le cheminement d'une sonde conçue pour en stimuler les battements ? -  j'avais pris rendez-vous à la consultation de cardiologie de l'hôpital Lariboisière.

Depuis de nombreux mois je souffrais de ce que certains nomment palpitations, et que je vivais comme une situation doublement invalidante.  D'une part les crises de trouble du rythme étaient en apparence peu prévisibles, d'autre part leur durée l'était tout autant, et elles s'accompagnaient simultanément d'un état de peur intime oppressante et d'une difficulté importante à maintenir un tonus physique satisfaisant. Les premiers à-coups avaient frappé  le lundi 13 décembre 1976 - jour de naissance de Rama Yade... -, quelque part sur l'autoroute Aquitaine, alors que je dînais sur l'aire de service d'Orléans-Saran, au retour d'une réunion de travail.  18 mois plus tard,  j'avais sans succès notable testé 27 traitements différents...et vécu plusieurs alertes accompagnées d'hospitalisation aux urgences.

Il me reçut longuement. Ne se crut pas obligé de me donner des explications enfantines sur le thème de l'analogie entre le coeur et la pompe. Accepta le fait que je puisse ressentir immédiatement l'extrasystole qui inaugurait l'accélération brutale du rythme. Ne mit pas en question la description que je lui fis des divers désordres engendrés par cette anomalie. Je remarquais aussi qu'il pétunait sans vergogne en un lieu qui aujourd'hui ferait l'objet d'interdictions sévères.
En conclusion il me dit simplement que ma coopération était une condition essentielle d'une maîtrise des symptômes, que le traitement d'une telle  arythmie rare et  insolite était en grande partie du domaine expérimental, et qu'il allait me confier, et non confier mon cas, à son équipe.
Il posa au passage un diagnostic, ce qui m'offrit l'occasion de m'intéresser à ces trois joyeux compères que sont Louis Wolf, John Parkinson et Paul Dudley White [1] .

Je me retrouvai donc en compagnie de médecins qui, au lieu de tracer une frontière de compétence entre eux et moi, m'associèrent à la recherche d'un traitement efficace, jusqu'à écouter mes propres suggestions en matière de suivi de mon état, d'enregistrement des données et de dosages combinatoires d'antiarythmiques de classes différentes.
Une fois composée une association médicamenteuse capable de réduire la fréquence d'apparition et la durée des épisodes de tachycardie, commença une assez longue période de travaux pratiques avec les médecins de son équipe. Le holter de l'époque avait la taille d'un très gros livre, et passer une journée de travail réputée normale - en réunion en préfecture, il me fut courtoisement rappelé que je n'avais pas à enregistrer la séance... - en trimballant à l'épaule ce mystérieux accessoire, farouchement opposé entre autres manifestations d'existence aux formes les plus traditionnelles d'ablutions était une manière de vivre qui ne passait pas inaperçue de ses proches.

J'appris un jour que mon cas avait fait l'objet d'un poster présenté dans un congrès outre-atlantique. Je participai aussi aux expérimentations requises pour l'obtention de l'AMM de la flécaïne (flécaïnide, classe lc de Vaughan-Williams) , le recours à la cordarone (amiodarone, classe III  de Vaughan-Williams) ayant été jugé potentiellement inapproprié, du fait de ses effets secondaires. Avec le professeur Philippe Coumel, lui aussi aujourd'hui disparu, j'eus, outre un accueil régulier plusieurs années durant à sa consultation à Lariboisière, d'intéressantes conversations sur la théorie du chaos - je lui fis même cadeau en 1989 d'une des premières traductions en français de l'ouvrage vulgarisateur de James Gleick - et son application aux arythmies singulières et insolites.
C'est dans la salle d'attente du service de cardiologie de Robert Slama que fut écrit ce texte, l'électrocardiographe ou le sculpteur d'ondes, inséré dans la section les ciseauxx du sourcier de mon livre le sculpteur d'eaux.

J'appris aussi à me débrouiller de manière autonome, pour effectuer moi-même certains manoeuvres simples induisant le blocage d'une crise et la récupération du rythme sinusal ordinaire. L'une d'entre elles avait d'ailleurs le charme d'attirer un peu l'attention : pourquoi ce monsieur à l'air sérieux se comporte-t-il dans la rue comme un gymnaste effectuant des exercices d'assouplissement ? A noter que le retour stable au rythme normal s'accompagne, pour moi, d'une immense onde de bien-être qui me traverse tout le corps, et que l'absence de cette sensation m'avertit, aujourd'hui encore, d'une rechute imminente.

De mes expériences dans le service de Robert Slama, en particulier avec Antoine Leenhardt et Jean-François Leclercq, il me vint la conviction que dès lors que la relation médicale se dépouille de son statut dominant/dominé, sur le modèle professeur/patient, pour tendre à s'établir sur des bases coopératives, alors l'étude du cas douloureux a une bien plus forte probabilité d'engendrer des solutions pertinentes, et satisfaisantes pour les deux partenaires. Cette expérience m'aida d'ailleurs, ultérieurement, à mieux comprendre du dedans certaines hypothèses de la sociodynamique telle que j'eus à la développer au sein de Bossard Institut avec Jean-Christian Fauvet.

C'est aussi au sein de son service que j'appris la publication de l'aide-mémoire de rythmologie qu'il cosigna avec Gilbert Motté. La couverture de ce livre représente un trombonne de bureau  vaguement anthropomorphe, et je m'interroge encore sur le choix de cette ilusttration. Veut-elle dire que la rythmologie se doit d'avoir visage humain ? Que le coeur joue parfois du trombonne à coulisse ? La IV ° de couverture épingle, comme lectorat, :
-les cardiologues
-les praticiens généralistes
-les étudiants en cardiologie
-les médecins de l'industrie pharmaceutique.
Timidité clanique qui a du échapper au regard acéré mais bienveillant de Robert Slama : toute personne ayant fait des études supérieures  à dominante scientifique, physicien, chimiste, biologiste, ou même (et surtout ?) ingénieur, peut tirer profit de sa lecture, même si elle ne se trouve pas , comme c'est mon cas, impliquée dans ces situations physiologiques, et même peut-être psychomotrices, certains états d'âme étant à l'expérience des facteurs déclenchants.

[1] ...pas facile de dénicher les prénoms du 3° mousquetaire...Dudley est un prénom très saxon... Il aurait des liens avec la place du mort, le cimetière.

Crédits
:
-merci à Paul Benkimoun, qui a publié dans Le Monde daté du 17 décembre une notice nécrologique dédiée à Robert Slama.
-merci à l'auteur anonyme de la couverture de l'aide-mémoire de rythmologie, de Robert Slama et Gilbert Motté, avec la collaboration d'Antoine Leenhardt et Claude Sebag, éditions Flammarion, Paris 1990
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